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L’ONU suivra de plus près l’afflux de migrants clandestins au Manitoba

L'Organisation des Nations unies (ONU) envoie une avocate spécialisée dans les droits de la personne au Manitoba pour en apprendre davantage sur la situation des réfugiés fuyant les États-Unis qui traversent de plus en plus souvent la frontière canado-américaine au sud de la province.

« Nous nous intéressons à voir quelle est la situation [au Manitoba] », explique l’avocate Azadeh Tamjeedi du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés.

Depuis avril 2016, plus de 400 demandeurs d’asile ont franchi la frontière canadienne à pied près du poste d'Emerson; environ 35 % d’entre eux – soit 143 personnes – ont traversé depuis le 1er janvier, confirme la Gendarmerie royale du Canada (GRC).

Mme Tamjeedi prévoit de rencontrer des demandeurs d’asile, des représentants de la GRC, des membres de l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC), ainsi que des défenseurs des droits des réfugiés à Winnipeg. L’avocate dit également que sa mission comprendra sans doute une visite à la ville frontalière d’Emerson, située à environ 100 km au sud de Winnipeg, afin d’enquêter sur le traitement des réfugiés par la GRC et l’ASFC.

« Mais ce ne sera qu’une mission d’observation », déclare-t-elle, ajoutant que la visite sera plutôt pour assurer le respect de la Convention sur les réfugiés des Nations unies de 1951, dont le Canada est un pays signataire.

La Convention exige que le Canada accepte les demandeurs d’asile qui mettent pied en sol canadien. Cependant, Azadeh Tamjeedi rassure que l’ONU n’a pas de grands soucis par rapport à la gestion des demandeurs d’asile au Canada jusqu’à présent.

Nous sommes assez contents du système [de traitement des réfugiés] au Canada. C’est un système très robuste.

Azadeh Tamjeedi, avocate du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés

Un système mis à rude épreuve

Toutefois, la chef des opérations de l’ASFC, Jeryn Peters, soulève qu’au cours des dernières semaines, la taille des groupes qui passent clandestinement la frontière est en pleine croissance et que le bureau de l’ASFC à Emerson a dû installer un contenant afin d’accommoder l’afflux de demandeurs d’asile.

« Nous étions trop entassés au bureau », souligne l’agente Peters, qui explique que pour l’instant, le contenant servira de « deuxième salle d’attente ».

En outre, la GRC s’inquiète que les demandeurs d’asile semblent maintenant traverser la frontière à des endroits de plus en plus éloignés de la zone normale où sont passés la plupart des réfugiés.

« Plus ils s’éloignent des portes et des zones consacrées, plus ça devient dangereux », rapporte le surintendant en chef de la GRC Mark Fischer.

Pénurie de logements d’urgence

D’ailleurs, le gouvernement du Manitoba a annoncé du financement pour 14 unités d'hébergement d'urgence supplémentaires, vendredi. La province déboursera également des fonds additionnels aux services de soutien aux réfugiés.

La directrice générale du Conseil multiconfessionnel d'aide à l'établissement des immigrants au Manitoba, Rita Chahal, dit que les 14 unités permettront d’héberger jusqu’à 45 personnes. Cependant, elles ne seront pas disponibles avant mercredi, et là encore, seulement jusqu’à la fin mai.

Au début février, l’Armée du Salut à Winnipeg a offert 30 lits dans son refuge pour sans-abri aux demandeurs d’asile arrivant au Manitoba.

En instance du 26 février, 57 réfugiés étaient hébergés dans le refuge pour sans-abri, note Rob Kerr, officier de l’Armée du Salut.

Si le nombre de réfugiés continue à augmenter et que les réfugiés que nous hébergeons actuellement n’arrivent pas à s’installer ailleurs en temps opportun, alors ça devient un peu préoccupant pour nous de savoir comment on va faire. En ce moment, nous arrivons tout juste à gérer la charge.

Rob Kerr, officier, Armée du Salut

Une tendance migratoire?

Le premier ministre Brian Pallister a exhorté le gouvernement fédéral, vendredi, d’intervenir et de prêter main-forte à la province afin de mieux coordonner les mesures de sécurité frontalière ainsi que les efforts de réinstallation.

Malgré les préoccupations énoncées par le gouvernement manitobain ainsi que par des politiciens locaux, le ministre de l’Immigration Ahmed Hussein a indiqué à CTV qu’il n’est toujours pas persuadé que les arrivées récentes de demandeurs d’asile au Manitoba permettent de dégager ou de confirmer une tendance migratoire.

Le ministre de l’Immigration a assuré que le gouvernement suit la situation de près, tout en soulignant que pour l’instant, il est impossible de dire si d’autres demandeurs d’asile tenteront de franchir à pied la frontière canado-américaine au Manitoba.

Avec des informations d'Austin Grabish et Bryce Hoye (CBC News)

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