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L'opposition critique les promesses de Coiteux aux sinistrés des inondations

Le Parti québécois (PQ) et la Coalition avenir Québec (CAQ) ont descendu en flammes, mardi, les nouvelles mesures annoncées par le ministre de la Sécurité publique du Québec, Martin Coiteux, à l'intention des sinistrés et des municipalités frappés par des crues exceptionnelles, le printemps dernier.

Le PQ parle de « lenteur » et de « honteux cafouillage ». La CAQ, elle, dénonce « l'incompréhension et le manque d'humanité » dont ferait preuve le ministre Coiteux dans la gestion des dossiers des victimes d'inondations dans 15 municipalités de la province.

Les partis d'opposition ont fait ces sorties après que Martin Coiteux eut annoncé des mesures supplémentaires pour aider les sinistrés et les municipalités frappés par ces crues exceptionnelles.

Ces mesures se résument ainsi :

  • rencontres personnalisées avec les sinistrés;
  • création de comités de partenariat entre les ministères de la Sécurité publique (MSP) et des Affaires municipales et de l'Occupation du territoire (MAMOT);
  • accompagnement accru des municipalités;
  • nouvelles ententes pour l'hébergement des résidents encore évacués à ce jour.

Pour l'opposition à Québec, c'est trop peu et surtout trop tard. « Ça fait quatre mois que ça dure », a dénoncé le député caquiste de Beauce-Nord, André Spénard, en référence aux délais pour l'obtention d'un rapport d'évaluation d'une résidence ou du permis nécessaire pour procéder aux travaux, s'il y a lieu.

« On peut faire mieux » - Martin Coiteux

Que la réponse du gouvernement ait connu des ratés, le ministre Coiteux ne s'en cache pas.

« Ce n'est pas parfait et je vous dis que nous entendons le message sur le terrain qu'on peut faire mieux », a-t-il reconnu en conférence de presse dans Pierrefonds-Roxboro, aux côtés du maire de cet arrondissement montréalais, Dimitrios Jim Beis.

Le ministre se dit conscient que les citoyens se sont heurtés à une série de processus bureaucratiques très laborieux qui les ont plongés « dans un état de confusion ».

Sous peu, les sinistrés pourront, « dossier en main », rencontrer personnellement et en un même lieu des fonctionnaires du MSP et du MAMOT, ainsi que les représentants de leur municipalité.

Ils pourront ainsi « poser leurs questions et obtenir des réponses sur place », assure le ministre Coiteux.

Travailler de manière plus efficace avec les municipalités

Québec renforce aussi le partenariat avec les municipalités. Québec les encadrera davantage afin qu'elles puissent, par exemple, accélérer la remise de permis.

« On va mettre en place des mécanismes qui vont faire qu'on va travailler mieux ensemble et [...] si ça ne suffit pas, on posera d'autres gestes », a assuré le ministre de la Sécurité publique.

Des citoyens très mécontents des actions de Québec

À la suite des inondations du printemps, environ 4000 personnes ont dû évacuer leur domicile et 278 familles sont toujours à l'hôtel. Nombre d'autres sinistrés logent chez des amis ou ont loué un logement provisoirement.

Quelque 3500 personnes ont fait une demande d'indemnisation au ministère de la Sécurité publique du Québec, en lien avec ces inondations.

En juillet, des sinistrés des inondations avaient manifesté leur impatience au gouvernement du Québec, lors de consultations publiques. À la fin août, le maire de Rigaud, Hans Gruenwald fils, s'était plaint du manque de coopération et d'efficacité de Québec dans le suivi accordé aux sinistrés de sa municipalité.

Et dimanche dernier, des dizaines de victimes d'inondations ont manifesté à Montréal. Certains sinistrés disent n'avoir reçu aucune aide financière et peinent à obtenir des informations sur ce qu'il adviendra d'eux, à quelques mois de l'arrivée de l'hiver.

L'opposition fait écho aux préoccupations des sinistrés

« On va aller chercher notre monde », a déclaré dimanche le premier ministre Philippe Couillard, en faisant référence aux sinistrés des régions touchées par le passage de l'ouragan Irma. Pour le caquiste André Spénard, cette promesse du premier ministre tranche avec la lenteur de Québec vis-à-vis des sinistrés du printemps.

« ''Notre monde'' aussi a été inondé au printemps dernier, et il attend encore », de railler André Spénard.

La députée de la CAQ dans Mirabel, Sylvie D'Amours, dénonce ces rencontres personnalisées prévues avec les sinistrés : « Les gens ne veulent pas avoir à expliquer leur cas à un autre fonctionnaire », s'insurge-t-elle.

Mme D'Amours raconte que certaines victimes des inondations de la circonscription du libéral Yves Saint-Denis (Argenteuil) viennent frapper à sa porte à elle, à Mirabel. « Ils veulent qu'on s'occupe de leur dossier », affirme-t-elle.

Du côté du PQ, le député de Matane-Matapédia, Pascal Bérubé, affirme que les rencontres personnalisées et le partenariat entre différents organes gouvernementaux auraient pu et auraient dû « être faits depuis très longtemps ».

La course contre la montre d'ici l'hiver

Les crues du printemps dernier ont affecté « le bassin hydrographique du Saint-Laurent au grand complet, depuis la rivière des Outaouais jusqu’à Québec », selon Philippe Gachon, professeur en géographie à l’UQAM.

Ce phénomène d'importance a touché 5300 résidences et 286 municipalités au Québec. Et maintenant, à quelque trois mois de l'hiver, des sinistrés ne se sentent pas prêts pour affronter la saison froide selon René Leblanc, résident de Pierrefonds.

M. Leblanc doute que les mesures supplémentaires mises en place par Québec améliorent la situation : « J'ai l'impression qu'on a réglé beaucoup moins [de dossiers] qu'il nous en reste à régler », dit cet homme qui vient en aide à des voisins démunis devant cette épreuve.

René Leblanc espère que la priorité sera accordée aux familles, car certaines d'entre elles vivent des situations difficiles, dit-il.

Un autre sinistré, Steve Beauchamp, considère que la situation est alarmante sur le plan humanitaire. Certaines victimes d'inondations auraient tenté de se suicider, laisse-t-il entendre.

À Rigaud, où habite M. Beauchamp, des gens âgés sont reclus dans des maisons insalubres « et personne ne va à eux », déplore-t-il.

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