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L'opposition fourbit ses armes à une semaine d'un vote crucial pour l'avenir du Venezuela

À une semaine de l'élection de la nouvelle Assemblée constituante, l'opposition vénézuélienne a appelé dimanche à un boycottage du vote, ainsi qu'à une grève de 48 heures et à un grand défilé dans les rues de Caracas.

« La lutte doit se poursuivre, le peuple vénézuélien doit déclencher la grève générale, venir à Caracas et préparer le boycott civique », a lancé le vice-président du Parlement, Freddy Guevara, lors d'une conférence de presse de la Table de l'unité démocratique, la coalition de l'opposition.

« Que personne n'imagine que nous allons nous laisser asservir sans combattre », a-t-il ajouté, précisant que ce « boycott » sera « civique, sans armes, sans violences, mais avec de la détermination ».

Le président socialiste Nicolas Maduro a pour sa part appelé l'opposition à « respecter le droit du peuple à voter librement et sans violence ».

« Le peuple n'accepte pas les menaces, le peuple se prépare à donner une raclée à cette droite menaçante, violente, fasciste », a-t-il lancé dimanche pendant son émission hebdomadaire diffusée sur la chaîne de télévision publique VTV.

Nicolas Maduro a aussi profité de son émission pour lancer un avertissement à l'opposition.

Cette dernière, qui détient la majorité au Parlement, a formé vendredi une Cour suprême parallèle en signe de protestation contre le Tribunal suprême de justice (TSJ), nom de la Cour suprême du Venezuela, dont elle ne reconnaît pas la légitimité.

L'opposition estime que les 33 juges actuels du TSJ ont été nommés de façon arbitraire par l'ancienne majorité chaviste; elle a donc élu 33 magistrats pour constituer un TSJ parallèle.

Le président Maduro a toutefois prévenu que ces juges parallèles feraient l'objet d'une sévère répression. « Un par un, l'un après l'autre, ils iront tous en prison et on placera sous séquestre leurs biens, leurs comptes et tout le reste, et personne ne les défendra », a-t-il lancé en ondes.

Un juge de cette Cour suprême parallèle, Angel Zerpa Aponte, a d'ailleurs été arrêté samedi par les services de renseignement vénézuéliens, selon un message publié sur le compte Twitter du Parlement.

De son côté, le TSJ a déclaré que la formation de cette institution parallèle constituait un crime « d'usurpation de fonctions » et de « trahison de la patrie », deux délits punissables de peines d'emprisonnement.

Malgré ces menaces, l'opposition prépare également une marche vendredi dans le but d’exiger de Nicolas Maduro qu’il retire son projet d’Assemblée constituante, fortement controversé.

Deux jours après ce défilé, soit le dimanche 30 juillet, se tiendra le vote pour élire les 545 membres de cette nouvelle assemblée, qui devra pour mandat de réécrire la Constitution du pays.

Environ 70 % des Vénézuéliens sont opposés à ce projet, selon un sondage de l’institut Datanalisis.

Les opposants à ce projet considèrent que les modalités prévues de désignation des membres ne sont pas objectives et favorisent le camp chaviste, du nom de l’ex-président Hugo Chavez, décédé en 2013.

Une grève de 48 h est par ailleurs prévue mercredi et jeudi prochains.

Une grève générale de 24 h a déjà eu lieu la semaine dernière. L'opposition estime qu'elle a été observée par 85 % de la population.

Le président, qui considère de son côté que la grève a été un échec, continue de maintenir la ligne dure et refuse de reculer sur son initiative populaire, et ce, malgré près de quatre mois de manifestations quasi quotidiennes qui ont fait plus de 100 morts jusqu'à maintenant.

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