Retour

L’opposition s’inquiète du recul du français au Québec, le gouvernement dit agir

Le déclin du français au Québec qu'a révélé mercredi Statistique Canada préoccupe les partis d'opposition à l'Assemblée nationale, qui exigent un renforcement de la loi 101, tandis que le gouvernement Couillard dit prendre déjà ses responsabilités en la matière.

Moins de Québécois qu'auparavant disent parler français à la maison (87 % en 2011 contre 86,4 % en 2016), selon les dernières données de Statistique Canada. Le français comme langue maternelle a aussi reculé dans la province, passant de 79,7 % à 78,4 %.

Devant cette baisse, le chef du Parti québécois (PQ), Jean-François Lisée, a lancé un appel à la protection de la langue française de même qu'à un plus grand réalisme de la part du gouvernement libéral.

En juin, le ministre de la Francophonie canadienne, Jean-Marc Fournier, se demandait s’il ne fallait pas investir chez les communautés anglophones qui s’effritent à l’extérieur de Montréal. Or, les données révèlent que celles-ci se portent bien et continueront de croître ces prochaines années.

« Ce gouvernement est attentiste, a déploré Stéphane Bergeron, porte-parole péquiste pour la francophonie et la francophonie d’Amérique, en entrevue à ICI RDI. Il voit les choses se détériorer et dit que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. »

Le français toujours vulnérable, selon la CAQ

Pour la Coalition avenir Québec (CAQ), l'une des solutions à envisager pour renforcer la présence du français passe par la francisation des immigrants.

« Dans un premier temps, on pourrait au moins faire en sorte que [ce] soit obligatoire, affirme Claire Samson, porte-parole de la CAQ pour la protection et la promotion de la langue française. On devrait au moins commencer par ça, ne serait-ce que par respect pour eux et par respect pour nous. »

Québec dit agir dans la sphère publique

« Il faut prendre les chiffres avec une certaine réserve », nuance Luc Fortin, ministre responsable de la Protection et de la Promotion de la langue française.

Il faut départager la sphère privée de la sphère publique où le gouvernement prend déjà ses responsabilités en la matière, a-t-il expliqué à ICI RDI. Cela comprend notamment une aide aux immigrants pour suivre des cours de français, tout comme des mesures pour que l’affichage commercial en français soit présent.

Ne pouvant légiférer dans les maisons québécoises, le gouvernement dit qu’il agit là où il le peut.

Inquiétudes chez les minorités francophones

Ailleurs au pays, les minorités de langue française s’inquiètent de leur déclin. Leur présence est passée de 4 % en 2011 à 3,8 % en 2016, à l’exception d’une augmentation dans les trois territoires.

Le président de la Fédération des communautés francophones et acadiennes (FCFA) du Canada, Jean Johnson, s’est désolé de la situation, sans « se vouloir alarmiste ». « En cette année du 150e anniversaire de la Confédération [...], il n'y a pas de quoi être satisfait, loin de là », a-t-il dit en conférence de presse.

Il souhaite avoir une conversation sérieuse avec le ministre de l’Immigration, Ahmed Hussen, le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, et la ministre du Patrimoine canadien, Mélanie Joly, afin d’établir des stratégies avec les communautés.

De son côté, le gouvernement fédéral prépare déjà un plan d’action pour les langues officielles et promet qu’il sera à la hauteur à son lancement au mois d’avril, assure le bureau de la ministre Joly. « Nous travaillons à développer un nouveau plan d'action pour soutenir et promouvoir la vitalité de ces communautés. C'est un dossier que notre gouvernement prend très au sérieux », répond Pierre-Olivier Herbert, porte-parole de la ministre.

« On n'a pas attendu avant d'agir », clame-t-il, rappelant un programme pour attirer des immigrants francophones dans les collectivités hors Québec, annoncé en mars 2016.

Du côté du Bloc québécois, on s’inquiète que le français perde du terrain au pays « malgré un camouflage du gouvernement canadien », écrit le député Mario Beaulieu dans un communiqué.

« Derrière les formules abracadabrantes, qui donnent une illusion d’ouverture sur les langues étrangères, sur la diversité et sur l’aptitude des Canadiens à s’exprimer dans les deux langues officielles, se cache une amère réalité : le déclin du français partout au Canada », déplore le porte-parole bloquiste en matière de langues officielles, de citoyenneté, d’immigration et de francophonie.

Plus d'articles

Commentaires

Vidéo du jour


Un homme sauve un faucon d'une attaque de serpent





Rabais de la semaine