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L’opposition vénézuélienne appelle au blocage des routes du pays jusqu'à dimanche

Au terme d'une grève générale de deux jours qui a fait huit morts lors de violents heurts entre la police et les manifestants, l'opposition appelle au blocage des rues jusqu'à dimanche, jour de l'élection d'une assemblée constituante contestée dans le pays.

Cette opération, baptisée « la grande prise du Venezuela » par les leaders de l’opposition, vise à défier ouvertement l'interdiction de manifester avant l'élection d'une Assemblée constituante de 545 membres, dimanche.

Du côté du gouvernement, on affirme que tous ceux qui manifesteront ou qui participeront au boycottage des élections s’exposeront à des peines de 5 à 10 ans de prison.

Ces mesures musclées pour empêcher les manifestations et obliger les Vénézuéliens à aller voter risquent fort d’attiser la colère de l’opposition, qui dénonce depuis des mois les méthodes « dictatoriales » du régime Maduro.

Le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme a également critiqué, vendredi, les façons de faire de Caracas, estimant que personne ne devrait être obligé d’aller voter sous peine d’être emprisonné.

« Nous sommes très inquiets. Les souhaits du peuple vénézuélien de participer ou non à cette élection devraient être respectés », a dit à Genève une porte-parole du Haut-Commissariat.

113 morts en quatre mois

De nombreuses émeutes ont ponctué ces 48 heures de grève générale décrétée par l’opposition et les syndicats qui tentent d’empêcher le projet de président Nicolas Maduro de faire élire dimanche une Assemblée constituante qui aura le mandat de réécrire la constitution pour tenter de sortir le pays de la crise politique qui le paralyse alors que l’économie s’effondre depuis la chute des cours du pétrole.

La dernière victime des violences est cette fois un policier qui a été tué d'une balle dans la tête jeudi, pendant une manifestation dans la ville d'El Ejido, où un manifestant de 30 ans avait péri la veille lors d’une autre manifestation.

Pour l’opposition, qui détient la majorité à l’Assemblée nationale, ce projet d’Assemblée constituante est un déni de démocratie, une manœuvre du régime pour contourner le pouvoir de l’Assemblée nationale et se doter d’une constitution sur mesure, plus fidèle à ses intérêts. Une façon également pour le pouvoir d’éviter les élections de 2018.

Successeur du président socialiste de gauche Hugo Chavez, qui a dirigé le pays de 1999 à 2013, Nicolas Maduro se débat depuis des mois avec un mouvement d’opposition grandissant qui réclame son départ.

Un « super pouvoir »

Selon le gouvernement Maduro, la future Assemblée constituante, dont la durée du mandat n'est pas définie, sera un « super pouvoir » qui aura la capacité de dissoudre le Parlement, ce qui, selon lui, apportera la paix et permettra au pays de se redresser économiquement.

Or, le processus électoral mis au point par le régime suscite aussi beaucoup de contestation.

Le mode de désignation de l'Assemblée constituante combine un vote territorial et par catégories socioprofessionnelles, ce qui permettra à 62 % des 19,8 millions d'électeurs de voter au moins deux fois, selon l'expert Eugenio Martinez.

La situation étant devenue explosive dans le pays, les États-Unis ont ordonné aux familles de leurs diplomates de quitter le pays, et autorisé le départ volontaire des fonctionnaires en poste à l'ambassade de Caracas.

Le Canada a quant à lui recommandé à ses citoyens d'éviter de se rendre au Venezuela, ou de le quitter s'ils s'y trouvent déjà.

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