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L'Ordre des pharmaciens veut sortir la malbouffe des pharmacies

L'Ordre des pharmaciens suggère à ses membres de retirer la malbouffe de leurs succursales afin d'offrir à la clientèle des produits plus cohérents avec la mission de promotion de la santé des pharmaciens.

Interrogé sur les ondes d’ICI RDI sur les raisons qui ont motivé cette recommandation à ses membres, le président de l’Ordre des pharmaciens du Québec, Bertrand Bolduc, a expliqué que la vente de malbouffe dans les pharmacies n’a pas sa raison d’être dans la mesure où les pharmaciens sont voués à la promotion de la santé et des bonnes habitudes de vie.

« On le fait avec nos patients tous les jours que ce soit avec l’hypertension ou le cholestérol, et parfois ce que l’on offre en avant sur nos tablettes n’est pas toujours cohérent avec ça », explique Bertrand Bolduc.

Sans obliger les pharmaciens à retirer des produits de leurs tablettes, cette recommandation se veut avant tout une invitation à réfléchir sur les produits qui sont offerts à la clientèle des pharmacies, a précisé M. Bolduc.

« On ne va pas commencer à poursuivre tout le monde demain matin là-dessus. Ça n’a aucun sens. On est plutôt dans une voie incitative », a tenu à préciser le président de l’Ordre des pharmaciens.

À ceux et celles qui redoutent des pertes de revenus pour les pharmacies si on en retire les friandises et les boissons sucrées, Bertrand Bolduc estime qu’ils peuvent être avantageusement remplacés par d’autres produits qui répondent plus à la mission des pharmaciens.

« Si c’est juste une question financière, on peut vendre d’autres produits qui sont aussi rentables par exemple des aliments sans gluten, sans lactose, sans colorants, sans agents de conservation », explique-t-il. D’autres établissements compensent leurs pertes de revenus en proposant à leurs clients des services en succursale de professionnels de la santé, des nutritionnistes ou des infirmières par exemple.

En principe, l’Ordre des pharmaciens ne peut dicter aux pharmacies ce qu’elles doivent vendre où non dans leurs tablettes dans la mesure où l’Ordre n’intervient que dans le domaine de la vente de médicaments.

Mais, considérant le rôle que jouent les pharmacies dans la promotion de la santé, l’Ordre estime qu’il est pertinent pour lui d’inciter ses membres à réfléchir sur ce problème tout en renforçant les efforts de ceux qui ont entrepris des changements dans leurs succursales.

Questionné sur le fait que l’Ordre ne s’était jamais attaqué à ce problème auparavant, Bertrand Bolduc a expliqué que cette prise de conscience est venue récemment à la suite de questions soulevées par des journalistes de Radio-Canada.

« Ça a commencé avec vos collègues de l’émission L’Épicerie qui m’ont interviewé il y a sept ou huit mois. On s’est dit : « si ces gens-là viennent nous voir et nous demandent ce qu’on en pense, bien il faudrait peut-être se poser la question. » C’est vrai qu’on n’était pas sorti sur ce sujet-là auparavant. »

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