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L’UE et le Mexique répliquent à la hausse des tarifs douaniers américains

Ce n'est pas qu'au Canada que la décision du gouvernement américain d'imposer des tarifs douaniers sur l'acier et l'aluminium soulève l'indignation. Le Mexique a annoncé des représailles commerciales, tandis que l'Union européenne a promis des « contre-mesures ».

Washington a décidé, jeudi, d’appliquer des tarifs douaniers sur l'acier et l'aluminium importés de l'Union européenne, du Mexique et du Canada.

Le gouvernement mexicain a rapidement décidé d’imposer « des mesures équivalentes sur divers produits », comme des fruits, des fromages et certains types d’acier.

Ces mesures « seront en vigueur tant que le gouvernement américain n'éliminera pas les taxes imposées », peut-on lire dans un communiqué du ministère mexicain de l’Économie.

C’est un dur coup pour le Mexique, dont le principal partenaire commercial est les États-Unis. Le Mexique est d'ailleurs le principal acheteur d'aluminium américain et le second acheteur d'acier américain.

« Le Mexique condamne catégoriquement les mesures protectionnistes » des États-Unis, a écrit le ministre mexicain des Affaires étrangères, Luis Videgaray, sur son compte Twitter.

« L’Europe unie »

L’administration Trump avait accordé à l’Union européenne une exemption temporaire sur les tarifs douaniers qui devait venir à échéance ce jeudi à minuit.

Or, cette exemption ne sera pas prolongée. Les États-Unis mettront en place des taxes de 25 % sur l’acier et de 10 % sur l’aluminium en provenance des pays de l’Union européenne.

Une décision jugée « illégale » par le président de la France, Emmanuel Macron.

Outrés par cette décision « injustifiable », les dirigeants européens des 28 pays membres ont mis de côté leurs divergences et se sont montrés solidaires et unis.

La Commission européenne a aussi promis de mettre en place des contre-mesures dès que les Américains mettront leurs menaces à exécution.

« L'Union européenne ne peut pas rester sans réagir. Ce qu'ils [les États-Unis] peuvent faire, nous sommes capables de faire exactement la même chose », a prévenu le président de la Commission, Jean-Claude Juncker, lors d'une conférence à Bruxelles.

L’Allemagne a vivement dénoncé la décision du président américain, qui sera « désormais analysée en détail au sein de l'UE », a dit la chancelière allemande Angela Merkel, soulignant que le groupe était prêt à « répondre par des contre-mesures appropriées ».

« Les guerres commerciales ne connaissent aucun vainqueur », a ajouté M. Maas.

L’Allemagne, première puissance économique européenne et grande exportatrice, avait espoir de convaincre Donald Trump et d’en arriver à un accord commercial restreint sur certains produits industriels.

Mais le président américain a plutôt décidé de faire la sourde oreille, allant même jusqu’à menacer l’Allemagne d’imposer aussi des tarifs sur les importations de voitures, pouvant atteindre 25 %.

Or, pour le pays des BMW et des Mercedes, qui dépend grandement de l’industrie automobile, une telle mesure pourrait être dévastatrice.

Des taxes sur le bourbon, les jeans, le tabac et les motos

Le chef de la Commission européenne a annoncé que l'UE va porter ce conflit devant l'Organisation mondiale du Commerce (OMC) et imposer des droits de douane supplémentaires à un nombre de produits en provenance des États-Unis.

La procédure devant l’OMC, qui peut durer des années, devrait être lancée dès vendredi.

Au mois d’avril, la Commission européenne avait préparé une liste de produits américains emblématiques qu’elle avait l’intention de taxer si l’UE était frappée par des tarifs douaniers. Dans cette liste, on retrouve notamment le tabac, le bourbon, les jeans et les motos.

Son objectif est de cibler certains États américains qui ont voté pour Donald Trump lors des élections présidentielles en 2016.

Ces taxes sur les produits contenus dans cette liste portent sur un total de 2,8 milliards d'euros qui ne couvrent pas la totalité des dommages infligés à l'industrie européenne, mais permettent à l'UE d'être dans le cadre de l'OMC.

Ces contre-mesures pourraient entrer en vigueur dès le 20 juin prochain, si les pays membres de l’UE s’entendent sur sa validation.

Selon des sources de l’AFP, les Allemands seraient plus frileux de déployer ces contre-mesures que les Français et les Néerlandais.

Les risques d’une guerre commerciale

Les risques de tensions commerciales entre les États-Unis et ses principaux partenaires commerciaux pourraient entraîner une « dette mondiale colossale, plus lourde que jamais » et « une grande incertitude et instabilité », a déclaré la responsable du Fonds monétaire international (FMI), Christine Lagarde, en entrevue à Whistler en marge du G7 Finances.

Mme Lagarde souligne qu’il s’agit d’une forme de « remise en cause de la manière dont le monde fonctionne », qui était, depuis des décennies, basées sur « le principe de la confiance et de la coopération ».

Christine Lagarde estime par ailleurs que « si le commerce mondial était très perturbé, si le niveau de confiance parmi les acteurs économiques était considérablement diminué, ceux qui souffriront le plus sont les plus pauvres », qui achètent les biens de consommation courante bon marché.

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