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L’Ukraine veut des images de satellites canadiens montrant les troupes russes

Le président ukrainien, Petro Poroshenko, presse Ottawa de rétablir un programme dans lequel le Canada fournissait des images satellites à l'Ukraine pour l'aider à surveiller les mouvements de troupes russes et de rebelles près de ses frontières.

Par Philip Ling et Rosemary Barton

Dans une entrevue exclusive à CBC, le président ukrainien exhorte Justin Trudeau à lui donner accès aux images sophistiquées provenant d’un satellite canadien montrant la frontière entre l’Ukraine et la Russie.

« Ces images nous permettraient de bien mettre en oeuvre l’accord de Minsk et d’obtenir des preuves que la Russie a déplacé ses chars d’assaut, ses systèmes d’artillerie et ses batteries lance-missiles », dit M. Poroshenko.

Ce n’est pas la première fois que le premier ministre ukrainien interpelle son homologue canadien.

Selon des documents obtenus par CBC News grâce à la Loi sur l’accès à l’information, M. Poroshenko avait convaincu en mars 2015 le gouvernement conservateur de Stephen Harper de lui fournir pendant un an des images de RADARSAT-2.

L’initiative de 9,5 millions de dollars n’a toutefois pas été renouvelée au printemps 2016 par le nouveau gouvernement libéral, qui invoque les coûts et « des limitations des droits de licence » pour expliquer la fin au programme, indiquent les documents.

Pourtant, les images fournies à l’Ukraine ne montraient que le « territoire de l’Ukraine reconnu par la communauté internationale ». « Toute autre zone hors de cette zone géographique » ne pouvait pas être présentée.

L’automne dernier, les autorités canadiennes ont fait clairement savoir à l’Ukraine que la décision de ne pas reconduire ce programme ne serait pas révisée. « Je n’ai aucun doute que nous pourrons résoudre cette question », a dit M. Poroshenko, après une rencontre avec le premier ministre canadien, Justin Trudeau.

Les Casques bleus canadiens « extrêmement importants »

Le président ukrainien a aussi dit qu’il est « extrêmement important » que le Canada participe à une mission qui mettrait fin au conflit entre ce pays de l'est de l'Europe et les troupes russes ainsi que les séparatistes.

« Le Canada a une expérience unique dans les missions de maintien de la paix », ajoute M. Poroshenko.

Le Canada a déjà formé plus de 5000 soldats ukrainiens et Ottawa a fourni 16 millions de dollars en équipement à ces troupes (casques, gilets pare-balles et vêtements d’hiver).

L’an dernier, Justin Trudeau a promis de mettre à la disposition de l’ONU 600 soldats et 150 policiers pour des opérations de maintien de la paix. Ottawa n’a pas encore dévoilé où et quand ces troupes seront déployées.

« J’ai l’impression qu’il [Justin Trudeau] est très ouvert » à envoyer des Casques bleus canadiens en Ukraine, croit M. Poroshenko. « Je suis très satisfait de ma discussion avec le premier ministre Trudeau. »

Par contre, envoyer des Casques bleus en Ukraine nécessitera l’approbation du Conseil de sécurité de l’ONU. La Russie est l’un des cinq membres permanents du Conseil et risque d'exercer son droit de veto sur toute résolution concernant une mission de l’ONU en Ukraine.

« Si la Russie est la seule nation qui s’oppose à une mission de paix, ce serait très difficile d’argumenter pourquoi, dit M. Poroshenko. Il s’agit d’un territoire occupé, occupé par des troupes russes. Une mission de paix reconnaîtrait l’occupation de la Russie. »

Si la Russie oppose son veto, l’Ukraine promet de s’adresser à la Cour internationale de Justice.

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