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L'un des plus gros icebergs jamais vus s'est détaché du continent antarctique

Un immense bloc de glace qui fait 12 fois la taille de l'île de Montréal s'est détaché de la banquise qui recouvre l'Antarctique, sur le pôle Sud du globe.

L’iceberg, dont le poids est estimé à 1000 milliards de tonnes, a donc amorcé sa dérive dans les mers australes, où il pourrait représenter un danger pour la navigation, estiment les scientifiques de l’Agence spatiale européenne qui traquent le géant par satellite.

D’après les chercheurs de l’Université de Swansea, au Royaume-Uni, le bloc de glace de 5800 kilomètres carrés et de 350 mètres d’épaisseur, qui était sous surveillance depuis plusieurs mois, s’est détaché entre lundi et mercredi.

L'équivalent de deux lacs Érié

Baptisé A68 par les chercheurs qui l’observent depuis l’an dernier, le gigantesque iceberg représente une quantité d’eau équivalente à deux fois celle du lac Érié, l’un des cinq Grands Lacs d’Amérique du Nord.

La fonte d'A68 dans la mer n’aura cependant pas d’impact trop important sur le niveau des océans, puisqu’il se trouvait déjà dans l’eau lorsqu’il s’est détaché, soulignent les chercheurs.

Cette gigantesque brisure dans la plateforme de glace Larsen C risque cependant de fragiliser l’ensemble de la barrière de glace de la péninsule de l’Antarctique, dont la fonte dans les océans pourrait, elle, avoir un impact notable sur le niveau des mers dans le monde.

La perte de cet iceberg ampute environ 12 % de la superficie de la barrière de glace Larsen C, selon les scientifiques. Bien que la banquise doive continuer à se reconstruire naturellement, la perte d’un tel morceau pourrait compromettre sa structure et mener à sa désintégration comme ce fut le cas des banquises voisines Larsen B en 2002 et Larsen A, en 1995.

En ce qui a trait à la dérive de cette île de glace, elle sera suivie de près par les satellites de la NASA et de l’Agence spatiale européenne. Pour l’instant, A68 flotte tout près des côtes orientales de l’Antarctique.

Selon les experts, il est possible que la plaque de glace se rompe de nouveau, formant plusieurs immenses icebergs qui fondront lentement au cours des prochaines années dans les eaux des mers australes.

Ces morceaux d'icebergs à la dérive mettraient en difficulté les navires dans la zone, notamment les croisières en Amérique du Sud, même si la péninsule antarctique reste éloignée des principales routes commerciales.

Les icebergs qui ne seront pas entraînés dans les eaux plus chaudes du nord pourraient quant à eux mettre des décennies à fondre, soulignent les scientifiques qui observent la banquise de l’Antarctique.

Pour Louis Fortier, directeur scientifique de Réseaux centres d'excellence ArcticNet, la chaleur des océans est l'un des facteurs principaux qui peuvent causer l'effritement du plateau de glace.

« Le glacier va fendre, tout dépend de son déplacement vers le nord. Il peut se rapprocher soit de l’Amérique du Sud soit de l’Afrique. À terme, ces fragments vont fendre, avec des impacts sur des écosystèmes qu’on ne connait pas encore », a expliqué à Radio-Canada M. Fortier, à l'émissoin Le 15-18.

Le chercheur s'attend à ce que ce processus de la fonte des glaciers se poursuive.

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