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L'une des trois plaignantes au procès Ghomeshi sort de l’ombre

La femme qui jusqu'à présent ne pouvait être identifiée que par les initiales L.R. ou « plaignante no 1 » dans le procès pour agression sexuelle de Jian Ghomeshi a décidé de renoncer à un interdit de publication sur son identité.

Linda Redgrave affirme vouloir se servir de son expérience au procès pour aider d'autres plaignantes dans des affaires d'agression sexuelle.

Le juge de la Cour de l'Ontario, William Horkins, a accédé à sa demande jeudi dernier, trois semaines après l'acquittement de l'ex-animateur de CBC qui était accusé de quatre chefs d'agression sexuelle et d'un autre d'avoir vaincu la résistance d'une personne par l'étouffement par trois plaignantes, dont Lucy DeCoutere et Linda Redgrave.

Cette dernière, qui vit à Toronto, a été l'une des premières à parler de manière anonyme aux médias avant que des accusations soient portées contre Jian Ghomeshi en octobre 2014.

« À ce moment-là, je ne savais toujours pas ce que je voulais. Mais je pensais : "Un jour je veux que les gens sachent qui je suis." Ce n'est pas parce que je veux de la compassion et ce n'est pas parce que je veux que tout le monde sache que je suis la plaignante n° 1. »

Un site Internet

Le 23 mars, la veille de l'acquittement de Ghomeshi par le juge William Horkins, Linda Redgrave a ouvert un site Internet, comingforward.ca, qui comporte des liens vers des ressources légales et de santé pour les victimes d'agressions sexuelles, un blogue sur son expérience au procès et une zone pour les hommes et les femmes qui veulent raconter leurs histoires traumatisantes.

Linda Redgrave dit qu'elle a mis le site en ligne avant que le juge rende sa décision pour être sûre d'aller jusqu'au bout, peu importe l'issue du procès. En rendant sa décision, le juge avait dit que la crédibilité de la plaignante avait été « irrémédiablement entachée » lors d'un contre-interrogatoire, le conduisant à qualifier certaines de ses preuves de « manifestement fausses ».

Linda Redgrave dit qu'elle a conscience de ne pas avoir été excellente à la barre des témoins, parce qu'elle n'avait aucune expérience en la matière. Elle veut faire d'un moment exténuant et très public de sa vie une leçon pour les autres.

« J'espère créer un lieu où les gens peuvent raconter et lire des histoires. Et je veux présenter un guide sur le témoignage lors d'un contre-interrogatoire, pour qu'ils aient une idée de ce qui les attend », explique-t-elle.

Selon elle, cela inclut de comprendre comment une déclaration à la police peut être présentée en cour. Elle explique par exemple que même si elle a eu une aide juridique pour se préparer au procès, elle n'avait pas d'avocat présent lors de sa déposition à la police, alors que celle-ci a largement influé sur la suite des évènements.

Ce document est en effet dévoilé à la défense et peut être utilisé lors d'un contre-interrogatoire.

Mme Redgrave dit qu'elle aurait voulu mieux comprendre tout ça.

Améliorer le processus judiciaire

Linda Redgrave voudrait aussi que les policiers fournissent des directives écrites aux plaignantes qui leur expliqueraient tout le processus judiciaire.

Personne à la police de Toronto n'était disponible dimanche pour expliquer comment les agents interrogent une plaignante potentielle dans une affaire d'agression sexuelle.

Linda Redgrave dit que ses amis et sa famille ont tenté de la dissuader de révéler son identité. Son avocat avait aussi déjà fait en sorte qu'une photo d'elle en bikini envoyée à Jian Ghomeshi ne soit pas rendue publique. Elle a d'ailleurs été mise sous scellés et le demeure.

Elle croit que si son anonymat pendant le procès lui a permis de rester concentrée, la publicité peut maintenant servir une bonne cause. « Mais je ne peux pas faire ça dans un imperméable et derrière des lunettes », dit-elle. Linda Redgrave affirme avoir déjà reçu des messages de personnes qui veulent apporter leur aide pour changer le système judiciaire. 

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