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L'UPAC épingle huit présumés acteurs-clés de la collusion à Montréal

Huit personnes ont été arrêtées mardi par l'Unité permanente anticorruption (UPAC) en lien avec un système de partage de contrats publics octroyés par la Ville de Montréal. Elles seront accusées de fraude, de corruption dans les affaires municipales et de complot.

Les huit personnes visées par cette opération de l'UPAC sont :

  • Frank Zampino, ex-président du comité exécutif de la Ville de Montréal et ex-maire de Saint-Léonard;
  • Bernard Trépanier, ex-solliciteur de fonds pour le défunt parti Union Montréal;
  • Robert Marcil, ex-directeur de la réalisation des travaux à la Ville de Montréal;
  • Kazimierz Olechnowicz, ex-PDG de la firme CIMA+;
  • Yves Théberge, ex-vice-président de CIMA+;
  • Bernard Poulin, président de la firme de génie SM;
  • Dany Moreau, vice-président de SM;
  • Normand Brousseau, qui travaillait à l'époque pour la firme de génie HBA Technika.

Selon l'UPAC, ces huit hommes ont été impliqués dans un stratagème qui s'est appliqué pour une trentaine de contrats de services professionnels, « majoritairement des contrats en ingénierie qui ont été octroyés par la Ville, entre 2001 et 2009 ».

Selon une porte-parole de l'UPAC, Anne-Frédérick Laurence, les prévenus devraient être libérés en attendant de comparaître le 8 novembre.

L'UPAC précise que ces accusations ne visent qu'un seul volet de l'enquête, baptisée Fronde. L'enquête est toujours en cours.

Des noms évoqués à la commission Charbonneau

M. Zampino et M. Trépanier, qui subissent déjà un procès en lien avec le dossier du Faubourg Contrecoeur, où ils ont plaidé non coupables, devront également répondre à des accusations d'abus de confiance dans cette affaire. Il en va de même pour Robert Marcil, un ingénieur, qui a déjà été radié de son ordre professionnel pour des fautes déontologiques.

Identifiés à la commission Charbonneau

À l'exception de Kazimierz Olechnowicz, toutes les personnes arrêtées mardi par l'UPAC avaient été identifiées comme des acteurs-clés d'un système de partage de contrats municipaux en échange de contributions politiques par un témoin de la commission Charbonneau, Michel Lalonde.

Cet ex-patron de la firme de génie Génius avait affirmé que Bernard Trépanier l'informait, avec l'aval de Frank Zampino, des projets d'infrastructure à venir à la Ville; M. Lalonde et des représentants de plusieurs firmes de génie, dont MM. Poulin, Moreau, Théberge et Brousseau, discutaient ensuite entre eux de la répartition des contrats.

M. Lalonde avait indiqué qu'il communiquait les décisions du groupe à Bernard Trépanier, qui les remettait en bout de piste à Robert Marcil, qui pouvait intervenir dans le choix des membres des comités de sélection, normalement chargés d'évaluer les propositions des firmes au mérite.

Devant la commission, Frank Zampino et Robert Marcil avaient nié toute implication de leur part dans un système de collusion, tandis que Bernard Trépanier avait admis qu'un système de partage de contrats avait été mis en place.

Témoignant lui aussi devant la commission Charbonneau, Kazimierz Olechnowicz n'avait pas été interrogé sur la participation de sa firme au système de partage de contrats décrit par M. Lalonde.

Il avait cependant affirmé sans détour qu'il avait répondu à des efforts de financement sectoriel dirigés par l'ex-argentier du Parti libéral du Québec, Marc Bibeau.

Yves Théberge, qui travaillait aussi pour CIMA+, a plaidé coupable, en juillet, à plusieurs chefs d'accusation portés contre lui dans la foulée de l'opération Honorer, visant les acteurs d'un système de collusion implanté par l'ex-maire Vaillancourt. Il a été condamné à purger sa peine dans la collectivité.

M. Théberge a aussi été radié de l'Ordre des ingénieurs pour une période de 42 mois cet été, pour sa participation à des stratagèmes de collusion, tant à Montréal qu'à Laval.

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