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L’UPAC et le DPCP nient avoir retardé l'arrestation d'organisateurs du PLQ

Le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) et l'Unité permanente anticorruption (UPAC) se défendent de se traîner les pieds dans l'enquête sur la Société immobilière du Québec (SIQ) et d'avoir volontairement retardé l'arrestation d'organisateurs du Parti libéral du Québec (PLQ) et du président de la SIQ.

D’après des informations publiées par le Journal de Montréal, que nous n'avons pas été en mesure de confirmer, l’UPAC aurait reporté à au moins trois reprises, ces deux dernières années, l’arrestation des organisateurs libéraux William Bartlett, Franco Fava et Charles Rondeau et de l'ex-PDG de la SIQ, Marc-André Fortier.

C’est à la demande des procureurs du DPCP que ces arrestations n’auraient pas eu lieu, soutient le quotidien. Ce dernier cite des sources anonymes.

Selon les mêmes sources, le dossier serait paralysé à l'UPAC pour une raison inconnue.

L'enquête n'est pas terminée, plaide l'UPAC

Mardi matin, le commissaire à la lutte contre la corruption, Robert Lafrenière, a assuré dans un communiqué qu’aucune arrestation n’a été reportée à la demande de qui que ce soit dans cette enquête baptisée « Justesse » par l’UPAC.

Selon M. Lafrenière, les procureurs du DPCP n’ont pas pu réclamer le report d’arrestations dans cette affaire puisque le dossier ne lui a pas encore été transmis pour étude.

Quant aux retards dans l'enquête, ils seraient essentiellement dus au fait qu'il manque encore des compléments de preuve, selon lui. Il s'agit d'informations et de rapports d’experts réclamés dans le cadre de demandes d’entraide internationale avant que l’enquête ne soit conclue.

L’existence de cette enquête de l’UPAC, qui n’a encore abouti à aucune arrestation, avait été révélée par Radio-Canada en novembre 2016.

Les enquêteurs de l’UPAC se penchent entre autres sur une fraude soupçonnée de 2 millions de dollars qui porte sur des transactions impliquant des renouvellements de baux d'immeubles gouvernementaux et de ristournes à des organisateurs libéraux qui auraient transité par des banques étrangères, notamment au Liechtenstein, en Suisse et aux Bahamas.

De son côté, le DPCP a reconnu qu'il y a eu « de multiples échanges » entre ses procureurs et les enquêteurs de l'UPAC, mais il a souligné qu’aucun dossier portant sur la SIQ n’a encore été confié à ses procureurs pour fins d’étude.

Tout comme le commissaire de l’UPAC, le DPCP a précisé que l’enquête doit être complétée par la police avant que les procureurs de l’État ne puissent l’analyser.

Les partis d'opposition s'interrogent

Le premier ministre Philippe Couillard n'a pas voulu s'étirer longuement sur ces informations, en mettant de l'avant que l'UPAC et le DPCP sont des institutions « indépendantes » du pouvoir politique.

« Une accusation criminelle, ce n’est pas quelque chose qui est pris à la légère. Elle doit s’appuyer sur une preuve solide qui peut tenir le coup devant les tribunaux. C’est pour ça que ça prend des fois un peu plus de temps », a-t-il dit.

« Mais encore une fois, ce n’est pas à moi de savoir, un, c’est quoi le détail de ces enquêtes ni des processus de décision du DPCP, et deuxièmement, c’est important de réitérer notre confiance dans les institutions », a ajouté M. Couillard.

Les partis d'opposition se sont montrés plus critiques, à commencer par le chef péquiste Jean-François Lisée, qui a fait un lien entre l'absence de dénouement dans cette affaire et les élections à venir.

« C’est la faute à qui? Je ne le sais pas », a-t-il laissé tomber. « Mais le résultat, c’est qu’on est dans un genre d’immunité libérale, qui fait en sorte que personne ne sera condamné et que très peu de personnes sont accusées avant l’élection. »

« Ce qui ressort de ça, c’est qu'encore une fois, les institutions de justice sont discréditées sur la place publique », a déploré pour sa part le caquiste Éric Caire. « Ça, il faut que ça arrête. »

« Pourquoi cet échec, cette inaction depuis sept ans? Comment ça se fait que ça bloque? » a demandé Amir Khadir, député de Québec solidaire.

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