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L'utilisation des surplus budgétaires divise l'Assemblée nationale

Les surplus budgétaires engrangés par le gouvernement du Québec l'an dernier poussent les partis politiques à se positionner sur leur utilisation. La Coalition avenir Québec (CAQ) exige des baisses d'impôt immédiates, tandis que le premier ministre Couillard parle de réinvestissement en éducation.

Dans une conférence de presse donnée mardi matin, le chef de la CAQ a pressé le gouvernement Couillard d'utiliser ces surplus pour baisser l'impôt des contribuables de 500 $ par personne ou de 1000 $ par famille pour l'année en cours. « Il est temps qu’on retourne cet argent-là où on l’a pris : dans les poches des contribuables », a-t-il martelé.

Le Québec a dégagé un surplus de 2,5 milliards de dollars l’an dernier, a rappelé le chef de la CAQ, et celui de cette année s’annonce plus élevé encore si l'on se fie aux plus récentes prévisions. Inutile donc d’attendre un an pour réduire les impôts, comme l’a récemment laissé entendre le ministre des Finances, Carlos Leitao.

« Je ne vois pas pourquoi on attendrait l’année 2018, l’année électorale, pour retourner de l’argent qui a été pris dans les poches des contribuables », a-t-il fait valoir.

Selon François Legault, ces surplus s’expliquent d’ailleurs par le fait que le premier ministre Philippe Couillard a haussé les tarifs des services de garde publics, et qu'il a laissé les taxes scolaires et les tarifs d’électricité augmenter plus rapidement que l’inflation, contrairement à ce qu'il avait défendu lors de l'élection de 2014.

Selon le chef de la CAQ, il est tout à fait possible pour le gouvernement du Québec de baisser les impôts tout en finançant adéquatement les services publics. Ces derniers peuvent encore faire des « gains d’efficacité », a-t-il ajouté à ce sujet.

Il assure qu’il prouvera ses dires en dévoilant, l’an prochain, le cadre financier que défendrait un gouvernement de la CAQ qui serait porté au pouvoir lors des prochaines élections, prévues en octobre 2018. Il soutient même qu’un gouvernement qu’il dirigerait pourrait aussi « ajouter des services en éducation » et s’assurer que chaque Québécois aura un médecin de famille.

Couillard veut investir en éducation, et séduire Amazon

S’adressant aux journalistes environ deux heures plus tard, Philippe Couillard n’a donné aucun signe qu’il entend consentir à la demande de François Legault. Il s’est appliqué à défendre le bilan de son gouvernement, qui a « transformé » le Québec, selon lui.

« C’est important de le réaliser et d’être fiers de ça, comme Québécois, a-t-il dit. De dernier de classe, on est [devenu] un exemple en matière de gestion des finances publiques, de la dette et de l’économie. »

« De dernier de classe, on est [devenu] un exemple en termes de créations d’emplois, pas seulement en nombre, mais en qualité, en rémunération, a-t-il ajouté. La rémunération au Québec augmente plus vite qu’ailleurs. L’écart avec les autres provinces […] diminue rapidement. »

Selon le premier ministre, les « moyens retrouvés » par le Québec grâce à la bonne gestion de son gouvernement vont permettre d’investir dans le domaine de l'éducation, qui deviendra « le soutien à la transformation qu’on veut continuer d’avoir au Québec au cours des prochaines années ».

Les finances du gouvernement vont aussi permettre au gouvernement du Québec de faire une proposition à Amazon, qui a récemment annoncé publiquement être à la recherche d’un endroit pour installer un deuxième quartier général susceptible d’accueillir 50 000 employés.

« On verra quelle est l’issue de cette proposition. Mais elle est basée sur quoi? Elle n’est pas basée uniquement sur les ressources naturelles du Québec et le prix de l’électricité, ce qui est déjà un bel avantage, mais sur les talents qu’on a au Québec, les cerveaux qu’on a au Québec, la créativité qu’on a, notamment à Montréal », a-t-il fait valoir.

L'économie et le travail, priorités de Québec solidaire

En conférence de presse, mardi, les députés Manon Massé et Gabriel Nadeau-Dubois ont à la fois critiqué les propositions de la CAQ de baisser l'impôt des contribuables et le bilan du gouvernement de Philippe Couillard.

Québec solidaire compte faire de l'économie et du travail ses priorités durant la session parlementaire qui s'amorce. Gabriel Nadeau-Dubois dit craindre toutefois que « les débats et les controverses sur l'éthique du gouvernement Couillard » n'occultent ces sujets-là.

En ce qui a trait à la baisse d'impôt réclamées par la CAQ, M. Nadeau-Dubois la qualifie de « recette libérale ». Une recette qui, jusqu'ici, n'a fait qu'appauvrir les familles de la classe moyenne et accroître les inégalités sociales, dit-il. Plutôt que de baisser les impôts, le député solidaire de Gouin suggère de hausser les salaires afin que les gens puissent dépenser, ce qui fera rouler l'économie et créera des emplois, selon lui.

Par ailleurs, pour juger de la santé d'une économie, il ne suffit pas de considérer la création d'emplois ou encore le taux de chômage, fait valoir Gabriel Nadeau-Dubois. Car l'endettement des ménages et le nombre de cas d'épuisement professionnel sont autant de signes « d'une économie qui épuise les gens qui la font rouler », conclut le député.

M. Nadeau-Dubois soutient que près d'un million de personnes dans la province gagnent moins de 15 $ de l'heure. Et, parmi les gens qui travaillent, beaucoup sont pauvres au point de s'approvisionner dans les banques alimentaires, déplore-t-il.

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