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La 132 emportée par les vagues : un an après, quel bilan?

Il y a un an, des citoyens de la Haute-Gaspésie se retrouvaient isolés après qu'une tempête ait arraché des morceaux de la 132. La prise de conscience a été brutale et les élus gaspésiens doivent vivre avec un sentiment de vulnérabilité. Ils attendent toujours des solutions durables.

Un texte de Brigitte Dubé, avec les informations de Léa Beauchesne

Le maire de La Martre, Yves Sohier, se souvient parfaitement de la tempête qui a isolé son village pendant deux jours.

« Je me suis fait réveiller à 5 h du matin, raconte-t-il. Le téléphone a sonné. C'était le ministère des Transports pour me dire que le chemin était bouché. »

Les déplacements d'urgence sont demeurés possibles, mais les citoyens ont été isolés pendant deux jours, ignorant ce qui se passait.

La région est-elle prête à un nouvel épisode?

Selon le directeur régional de la Sécurité civile, Jacques Bélanger, il faut mieux se préparer. « On a une route principale dans ce secteur-là, donc il va ravoir des submersions, des ondes de tempêtes, prévoit-il. Il faut s'assurer d'être capables de réagir adéquatement. »

Il précise que des recommandations ont été faites, entre autres pour l’amélioration des communications. « [Il faut] plus d’agents de liaison pour s'assurer qu'ils aient toujours la bonne information à transmettre aux citoyens et que les citoyens soient toujours en sécurité », mentionne-t-il.

Le maire de La Martre admet de son côté que la Municipalité avait un plan d'urgence, mais qu’il « dormait au fond d'un tiroir. À partir de là, on a travaillé fort puis on est prêts si jamais pareille éventualité arrivait », estime-t-il.

Plusieurs petites municipalités ont revu leur plan d'urgence. Mais au-delà des travaux et de la sécurité, les élus locaux veulent des solutions à long terme. En attendant, « on patche les endroits où ça brise », dit M. Sohier.

« Avec le réchauffement de la planète, la couche de glace se maintient de moins en moins longtemps. Donc, ça va se répéter dans l'avenir, j'en suis convaincu, et de plus en plus souvent », ajoute M. Sohier.

Juste à côté, à Marsoui, le maire Ghislain Deschênes, se désole de voir son village à la merci des éléments. Il demande à Québec d’agir concrètement.

« Il va falloir que le Ministère prenne le temps de vraiment comptabiliser, de voir ce qui pourrait être fait […] pour pouvoir assurer un passage complet pour le monde au cas où il arriverait quelque chose », s’inquiète-t-il.

Que du temporaire, déplore le député de Gaspé

Pour le député de Gaspé, Gaétan Lelièvre, Québec n’a fait jusqu’ici que des réparations temporaires et presque rien n’a été effectué de façon préventive. Il évalue les travaux à 3 millions de dollars, alors que de 20 à 25 millions ont été investis en études.

Il déplore le fait qu’il n’ait pas été invité à des rencontres tenues entre le milieu et les ministères de la Sécurité publique et des Transports.

Le député ne se satisfait pas du seul fait que des plans d’urgence doivent être mis en place d’ici 2020. Il estime que Québec transfère les responsabilités dans la cour des municipalités.

« C’est aux ministères des Transports et de la Sécurité civile à avoir leurs propres plans d’urgence, juge M. Lelièvre. La route 132, c’est gouvernemental et c’est à Québec de prévoir des voies de contournement pour assurer la sécurité des résidents. »

Il mentionne toutefois qu’il y aurait une meilleure écoute de la part du nouveau ministre des Transports, André Fortin.

Au Québec, les études se multiplient pour trouver comment s'adapter à l'érosion, mais le temps presse.

C'est aussi ce que croient les scientifiques qui planchent sur des solutions. D'ici à ce qu'elles deviennent réalité, la résilience est de mise pour les communautés côtières.

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