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La banlieue copie Montréal pour mieux la concurrencer

Pianos publics, vélos en libre-service, camions de bouffe de rue... la banlieue s'inspire de plus en plus de Montréal. Cet été, plusieurs projets nés dans la métropole sont lancés dans des villes de la périphérie. L'objectif est de retenir les résidents-consommateurs.

Un reportage de Thomas Gerbet

« Nous avons plein de belles activités, il n'y a pas de raison d'aller ailleurs pour en profiter. » C'est ainsi que la mairesse de Longueuil a souhaité de bonnes vacances aux citoyens au moment de conclure le dernier conseil municipal. Les propos de Caroline St-Hilaire s'inscrivent dans une tendance d'affirmation de plus en plus forte de villes de banlieue par rapport à Montréal.

Cet été, pas moins de cinq municipalités ont lancé leurs pianos publics, inspirées par le concept qui existe à Montréal depuis 2012. Après Mascouche en 2014, Terrebonne, Brossard, Saint-Lambert, La Prairie et Saint-Bruno ont inauguré les leurs, cet été.

« Je suis tombé sous le charme quand j'en ai croisé un sur la rue Saint-Denis », reconnaît la conseillère municipale de Saint-Bruno, Marilou Alarie.

Saint-Bruno va même plus loin, en faisant venir des camions de cuisine de rue sur le stationnement du centre commercial des Promenades. Depuis le début de l'été, plusieurs camions, parmi ceux qui sillonnent Montréal, s'y relaient tous les jours.

À partir du mois d'août, Saint-Bruno offrira même une trentaine de vélos en libre-service gratuits. Le projet baptisé « Mont-Vélo » permettra de relier le Parc national du Mont-Saint-Bruno au centre-ville.

Les vélos ne seront pas des Bixi. Il s'agira de bicyclettes classiques qui seront données par la population et remises en état par des jeunes en réinsertion sociale. Un concept semblable baptisé Bécik jaune existe depuis 2009 à Joliette. Il s'est ensuite étendu à Mascouche et Lavaltrie, en 2012.

Les voitures en libre-service Communauto sont aussi disponibles à Laval et dans l'agglomération de Longueuil depuis quelques années.

Le professeur à l'école d'urbanisme et d'architecture du paysage de l'Université de Montréal, Daniel Gill, estime que la banlieue est en train de gagner son pari face à Montréal. « Quelqu'un qui habite la région de Terrebonne et Mascouche n'a plus à se taper toute la traversée de Laval et Montréal pour aller manger dans un bon restaurant et passer une soirée agréable. Ils ont de magnifiques restaurants et une très belle salle de spectacle ».

Daniel Gill juge que les salles de spectacles de banlieue sont « souvent de meilleure qualité que certaines vieilles salles que l'on retrouve à Montréal » et il remarque que les cinémas sont de moins en moins nombreux dans la métropole.

Selon Daniel Gill, si Montréal veut résister à la concurrence de la banlieue, elle devra miser sur ce que les petites villes ne peuvent pas offrir, comme les événements d'envergure internationale. « Une équipe de hockey, un concert de Madonna ou U2, un orchestre symphonique, les grands musées... seuls les centres peuvent s'offrir ça », conclut-il.

Mais Montréal doit aussi faire face à des défis qui lui nuisent. La propriétaire d'une boutique de vêtements du Vieux-Montréal, citée dans l'édition de jeudi du quotidien The Gazette, disait, à propos de travaux incessants : « L'année prochaine, je vais ouvrir quelque chose sur la Rive-Sud ».

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