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La Banque du Canada donne un coup de pouce à l'économie du pays en récession

Pour faire face au ralentissement de l'économie, la Banque du Canada abaisse son taux directeur de 0,25 point de pourcentage, l'établissant à 0,50 %. Et, bien qu'elle évite d'utiliser le terme « récession », elle affirme que le produit intérieur brut (PIB) s'est « modestement contracté » au cours des six premiers mois de l'année.

Une récession est une baisse de la valeur du PIB réel durant six mois consécutifs.

La baisse d'un quart de point du taux directeur est accompagnée d'une révision à la baisse de la prévision de croissance économique. La Banque du Canada s'attend maintenant à une croissance du PIB de 1,1 % cette année, alors qu'elle misait sur une hausse de 1,9 % en avril dernier. 

La Banque du Canada explique le récent ralentissement de l'économie canadienne par, d'une part, le bas niveau des prix du pétrole, qui a fait reculer les investissements dans le secteur de l'énergie. D'autre part, la banque centrale cite les exportations canadiennes, plus faibles que prévu, et ce, malgré la baisse du dollar canadien.

Le gouverneur de la Banque du Canada, Stephen Poloz, s'est soigneusement gardé de parler de récession en conférence de presse. Questionné à cet effet, il a répondu que « c'était un débat peu utile ». Stephen Poloz rappelle que le pétrole et le gaz représentent 10 % de l'économie canadienne. C'est précisément ce secteur qui a subi un choc, a-t-il expliqué. Mais « si ce choc se faisait sentir partout, la conversation serait différente ».

M. Poloz dit s'attendre à ce que « les tendances positives » contrebalancent la situation.

La décision de réduire le taux directeur permettra de garder le dollar canadien à un bas niveau vis-à-vis de la devise américaine, ce qui, en règle générale, stimule la consommation et les exportations.

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Deuxième baisse en un an

C'est la deuxième fois cette année que la Banque du Canada abaisse son taux directeur pour stimuler l'économie.

En janvier, la Banque du Canada avait pris tout le monde par surprise en réduisant son taux directeur pour la première fois en cinq ans. Elle tentait ainsi d'aider l'économie à encaisser le choc de la baisse des prix du pétrole. « On fait de la gestion de risque », avait alors déclaré le gouverneur de la Banque du Canada, Stephen Poloz.

L'objectif de la banque centrale est de tenir en respect le taux d'inflation. Un taux d'inflation se situant entre 1 % et 3 % constitue en quelque sorte un gage de relative stabilité pour l'économie.

Actuellement, le taux d'inflation se situe à 0,9 %, ce qui confère à Stephen Poloz une marge de manœuvre suffisante pour baisser les taux. Le fait de réduire le taux directeur stimule les emprunts, ce qui, par ricochet, a un effet accélérateur sur les dépenses et les investissements.

Stephen Harper blâme la conjoncture mondiale

Dans une déclaration publiée par le bureau du premier ministre Harper, on explique que l'économie canadienne demeure fragile et qu'elle « est tirée vers le bas par les forces au-delà de nos frontières telles que les prix mondiaux du pétrole, la crise de la dette européenne et le ralentissement économique de la Chine ».

Le texte prévient aussi les Canadiens que ce serait bien pire si le chef libéral Justin Trudeau ou Thomas Mulcair, du Nouveau Parti démocratique, était aux commandes du gouvernement.

Le ministre des Finances du Canada, Joe Oliver, affirme par ailleurs que le gouvernement Harper est déterminé à rester concentré sur la réduction des impôts, sur l'équilibre budgétaire et sur la prestation d'avantages aux Canadiens qui travaillent fort. « L'instabilité économique mondiale est le pire contexte dans lequel opter pour des stratagèmes risqués et axés sur de lourds impôts qui freineront la croissance et provoqueront un recul pour les familles », a déclaré le ministre des Finances.

Le temps dira si la Banque du Canada a eu raison, dit la RBC

La RBC n'approuve pas la décision de la banque centrale de baisser le taux directeur. « Ce n'est pas une baisse d'un quart de point qui va relancer le secteur de l'énergie », critique Robert Hogue, économiste principal à la RBC qui estime que seul l'avenir dira si c'était la chose à faire.

À très court terme, la décision de Stephen Poloz va stimuler des marchés tels que l'habitation et l'activité immobilière au pays. « Dans le marché montréalais, qui ne fait seulement que commencer à prendre une certaine force, ça va être une bonne chose, commente M. Hogue. Cela étant dit, les marchés de Toronto et de Vancouver sont chauds présentement et il y a des risques, là, qu'il y ait une surchauffe. »

À l'annonce de la réduction du taux directeur, le dollar canadien a perdu plus d'un cent, s'établissant à 77,53 ¢US, le niveau le plus bas depuis 2009, alors que le pays était en récession.

Baisse des taux préférentiels

Plusieurs banques ont réagi à la réduction du taux directeur en diminuant leurs taux préférentiels. La Banque TD a été la première à annoncer une réduction de 10 points de base de son taux préférentiel, qui est porté à 2,75 %. La Banque CIBC, la RBC Banque Royale, la BMO Banque de Montréal et la Banque Scotia ont suivi, annonçant tour à tour une réduction de 15 points de base; leurs taux préférentiels passent ainsi de 2,85 % à 2,70 %.

 

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