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La Banque du Canada hausse son taux directeur

La Banque du Canada relève son taux directeur, qui passe de 0,75 % à 1 %. Elle l'avait haussé une première fois en juillet dernier d'un quart de point, ce qui représentait une première en sept ans. Et comme alors, c'est la croissance économique au pays qui dicte sa décision.

« Les données économiques récentes ont été plus vigoureuses que prévu, ce qui étaye le point de vue de la Banque selon lequel la croissance au Canada devient plus généralisée et plus autonome », explique l'institution.

La décision survient moins d'une semaine après que Statistique Canada eut révélé que le produit intérieur brut (PIB) du pays a bondi de 4,5 % au deuxième trimestre. Il s'agit de la plus forte croissance du PIB en six ans au Canada.

La croissance du premier trimestre avait aussi été plus solide que prévu et avait dépassé les attentes de la banque centrale.

« Les dépenses de consommation demeurent robustes, étant soutenues par la vive expansion continue de l’emploi et du revenu », note aussi la Banque du Canada par voie de communiqué. De plus, les investissements des entreprises et les exportations « ont affiché une vigueur plus généralisée », dit encore la Banque.

Le taux directeur de la Banque du Canada est basé sur le taux cible du financement à un jour, c'est-à-dire le taux d’intérêt auquel les principales institutions financières se prêtent des fonds pour une durée d’un jour. Il est utilisé par la Banque du Canada pour mettre en oeuvre la politique monétaire.

Il a une incidence sur les taux d'intérêt des comptes d'épargne, mais aussi des prêts hypothécaires, des marges de crédit et autres produits financiers. Les experts observent avec attention les effets que pourrait avoir cette hausse du taux directeur sur les taux hypothécaires au pays.

La plupart des grandes institutions financières ont emboîté le pas. Le Mouvement Desjardins, la Banque Royale, la Banque de Montréal, la Banque TD, la Banque CIBC et la Banque Scotia haussent leur taux préférentiel de 25 points de base à 3,2 %.

Un impact sur le huard

Alors que le dollar américain baisse par rapport à d'autres grandes monnaies, le dollar canadien, lui, s’est apprécié, ce qui reflète aussi la vigueur relative de l’économie du Canada.

À mi-journée mercredi, le dollar canadien avait gagné plus d'un cent pour s'établir à 82 cents américains.

À Ottawa, le ministre des Finances Bill Morneau a déclaré que le Canada venait de connaître sa plus forte croissance en dix ans. « La création d'emplois a été plus forte que prévu », a dit Bill Morneau qui a ajouté qu'en présence d'indicateurs économiques aussi positifs, la Banque du Canada avait l'occasion de hausser légèrement ses taux.

Risques et incertitudes au tableau

Mais dans son communiqué, mercredi, la banque centrale fait aussi état des « risques géopolitiques importants » et des « incertitudes considérables entourant les politiques de commerce international ».

Les négociateurs canadiens, américains et mexicains de l'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) ont clos mardi, à Mexico, leur deuxième séance de négociations en faisant état de progrès. Ils reprendront leurs pourparlers le 23 septembre à Ottawa.

Par ailleurs, une réforme fiscale est envisagée aux États-Unis, et son éventuel déploiement pourrait avoir un impact sur l'économie canadienne.

Avec les informations d'Andrée-Anne St-Arnaud

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