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La C.-B. n'augmentera pas sa taxe carbone sans les autres provinces

Le gouvernement de la Colombie-Britannique a annoncé son plan d'action sur le climat longuement attendu, qui ne comprendra pas d'augmentation de la taxe carbone provinciale.

Un texte de Maryse Bernard et Michaël Bédard

La première ministre Christy Clark a rappelé, lors d'une conférence de presse vendredi, que son plan vise à réduire ses émissions de gaz à effet de serre (GES) de 80 % d'ici 2050 par rapport au niveau de 2007.

Elle a souligné que la province ne pourra augmenter la taxe carbone comme l'avait recommandé l'équipe mandatée l'an dernier par Victoria pour l'aider à combattre les changements climatiques.

La taxe, qui se situe actuellement à 30 $ la tonne, ne sera pas augmentée tant que les autres provinces n'auront pas emboîté le pas avec une taxe semblable, soutient la première ministre. « Nous voulons que les autres provinces nous rattrapent avant de le faire. » 

À défaut d'augmenter la taxe, la première ministre affirme que son gouvernement mettra l'accent sur 21 autres mesures pour atteindre son objectif.

Le plan survient après que la province a été critiquée pendant des années pour son inaction face aux GES.

Gel de la taxe carbone

L'ancien premier ministre de la province, Gordon Campbell, a instauré la taxe carbone, des cibles législatives de réduction des émissions de GES et d'autres politiques lors du lancement du plan d'action sur le climat en 2008.

Après avoir été élue chef libérale et première ministre britanno-colombienne en 2011, Christy Clark a gelé la taxe carbone, qui devait augmenter au fil du temps.

Elle ne l'a ensuite jamais remplacée par de nouvelles politiques concernant la hausse des émissions de GES, selon Mark Jaccard, l'ancien conseiller en matière de changements climatiques de M. Campbell.

« Elle n'a pris aucune mesure relativement au climat. Elle n'a démontré aucun leadership », a affirmé M. Jaccard, qui est actuellement professeur spécialisé en énergie durable à l'Université Simon Fraser (SFU).

Le plan largement critiqué

Tom-Pierre Frappé Sénéclauze, un écologiste pour l'Institut Pembina qui faisait partie du groupe de travail provincial, affirme que le plan manque d'ambition. « C'est un plan où dans les 15 prochaines années, on ne verra pas de diminution importante des gaz à effet de serre en Colombie-Britannique », dit-il. Selon lui, la taxe sur le carbone est un outil essentiel pour qu'il y ait une véritable diminution des GES dans les différentes industries de la province. 

Une autre membre du groupe de travail, Tezeborah Berman, dénonce le manque de courage du plan. « Aucune des recommandations formulées par le groupe n'a été respectée », dit la professeure adjointe en études environnementales à l'Université York de Toronto.

Les partis d'opposition affirment que la Colombie-Britannique vient de perdre sa position de chef de file en matière de climat. Le porte-parole du NPD provincial sur les questions d'environnement, George Heyman, affirme que le gouvernement Clark vient de se libérer de la tâche d'atteindre des cibles concrètes pour les 34 prochaines années.

Déjà en mai dernier, le gouvernement de Christy Clark était critiqué par l'équipe qu'elle avait mandatée pour l'aider à combattre les changements climatiques. Certains membres de l'équipe déclaraient qu'il serait « extrêmement difficile » pour le gouvernement d'atteindre son objectif de diminuer un tiers du niveau des émissions de GES d'ici 2020, notamment parce que celles-ci augmentent depuis 2012.

L'équipe avait aussi critiqué la province pour avoir retardé la finalisation de son plan sur le climat et d'avoir abandonné un plan préliminaire sur ce dossier.

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