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« Là, ça suffit! » disent les enfants de Raif Badawi à Justin Trudeau

Emprisonné depuis bientôt cinq ans en Arabie saoudite, Raif Badawi manque cruellement à ses trois enfants qui vivent avec leur mère à Sherbrooke, au Québec. Dans une vidéo diffusée par Amnistie internationale, Najwa, Myriyam et Tirad implorent Justin Trudeau d'insister auprès des autorités saoudiennes pour faire libérer leur père.

Devant l'hôtel de ville de Sherbrooke, vendredi, s'est tenue la 127e vigile en soutien au blogueur de 33 ans, condamné à 1000 coups de fouet, dix ans d'emprisonnement et 290 000 $ d'amende pour avoir prôné la libéralisation du régime saoudien.

En janvier 2015, il avait été flagellé 50 fois, mais toutes les séances subséquentes ont été interrompues en raison de son état de santé.

« Libérez papa parce que ça fait vraiment longtemps », plaide Myriyam Badawi dans un message enregistré par vidéo à l'intention du premier ministre du Canada, Justin Trudeau.

Des espoirs déçus

La famille Badawi avait pu rencontrer le premier ministre à Sherbrooke en janvier dernier. Les enfants du blogueur espéraient alors que le premier ministre allait téléphoner sous leurs yeux au roi d'Arabie saoudite. Il n'en fut rien.

Lors de cette visite du premier ministre, Mireille Elchacar d'Amnistie internationale avait pour sa part senti le « sincère appui » de M. Trudeau à la cause de Raif Badawi. « Mais il ne s'est pas engagé », avait-elle déploré du même souffle à la radio de Radio-Canada.

Par le passé, c'était l'épouse de Raif Badawi, Ensaf Haidar, qui prenait la parole pour sensibiliser l'opinion publique et le gouvernement canadien. Cette fois, les enfants prennent le relais d'éloquente façon : « Là, ça suffit, on a trop attendu, on a besoin de voir notre papa », disent-ils dans la vidéo.

Des actions concrètes et visibles

Les enfants Badawi réclament du premier ministre Trudeau des actions concrètes et visibles. « Quand on l'avait rencontré, il nous avait dit qu'il faisait des affaires, mais nous on ne voit pas ça, proteste Najwa Badawi. Il faut qu'on voie les affaires qui se font parce que sinon, on aura espoir un petit peu pour rien ».

Par courriel en fin de journée vendredi, Jocelyn Sweet, porte-parole du ministère des Affaires mondiales du Canada, a répondu à la demande de Radio-Canada en assurant que le dossier de M. Badawi avait été porté aux « plus hauts échelons ».

« [...] nous avons demandé à plusieurs reprises que l’on fasse preuve de clémence », ajoute M. Sweet.

« Nous demeurons en contact avec l’épouse de M. Badawi, une femme forte et courageuse. Il nous tarde de voir M. Badawi et sa famille enfin réunis », conclut le porte-parole du ministère.

« Le moral n'est pas bon » - Ensaf Haidar

Les enfants disent parler à leur père au téléphone une fois par semaine. La femme de Raif Badawi affirme que son mari souffre : « Le moral n'est pas bon, explique-t-elle. [...] C'est difficile pour lui. Il ne voit pas les enfants ».

Au début du mois de mai, Amnistie internationale a écrit ceci dans une lettre ouverte, adressée au premier ministre du Canada : « Nous avons salué les efforts de votre gouvernement pour soulever le dossier de M. Badawi à plusieurs reprises auprès des autorités saoudiennes. Cependant, à l’approche du cinquième anniversaire de son emprisonnement, nous vous prions instamment d’accorder une plus grande priorité à cette affaire et d’adresser une demande publique et personnelle aux autorités saoudiennes pour la libération de M. Badawi ».

L'organisme demande également à M. Trudeau « d'exiger le respect par l'Arabie saoudite de ses obligations internationales comme signataire des conventions relatives aux droits humains ».

Une vigile en appui au blogueur et à sa famille est prévue le 16 juin, à Montréal.

Avec les informations de Marie-Hélène Rousseau

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