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La Caisse de dépôt estime ne pas avoir eu le choix de laisser Rona aux mains de Lowe's

La Caisse de dépôt et placement du Québec a réagi mardi aux propos tenus par Robert Dutton, l'ancien PDG de Rona qui se dit convaincu que les administrateurs de l'institution voulaient vendre ce fleuron québécois de la quincaillerie, plutôt que de le sauver.

Par la voix de son porte-parole, Maxime Chagnon, la Caisse affirme qu'elle aurait bien voulu, elle aussi, que Rona soit en mesure de devenir le joueur dominant en Amérique du Nord. « Mais il aurait fallu que l'entreprise soit plus compétitive », affirme M. Chagnon, qui s'est refusé par ailleurs à commenter spécifiquement les déclarations de M. Dutton.

Le porte-parole de la Caisse explique que Rona se trouvait « dans un contexte de marché en consolidation devant deux géants, déjà bien établis au Canada ».

Enfin, M. Chagnon dit que « les résultats de Rona avant 2012 et les résultats de Rona après 2012, particulièrement les plus récents, parlent par eux-mêmes. Il y a eu amélioration au niveau de la performance ».

Une analyse contestée

Or, ce n'est pas l'avis de l'analyste financier Michel Nadeau, ex-numéro deux de la Caisse, maintenant à la tête de l'Institut sur la gouvernance d'organisations privées et publiques. « C'est faux de dire que les résultats étaient meilleurs. Non, les résultats n'étaient pas meilleurs », affirme-t-il.

Robert Sawyer, que la Caisse de dépôt et placement et le C. A. de Rona avaient nommé pour succéder à Robert Dutton, n'a pas fait mieux que ce dernier, soutient encore Michel Nadeau. « [C'était] le sauveur qui devait redresser, relancer l'entreprise, dit l'analyste financier. Le titre est revenu à 14,50 $, au même niveau qu'au moment du départ de M. Dutton. Donc, la marchandise n'a pas été livrée ».

En entrevue à l'émission RDI Économie, lundi, M. Dutton a soutenu qu'il faudrait enquêter sur de possibles manoeuvres de la Caisse de dépôt pour que la vente de Rona se concrétise. « Depuis mes rencontres [...] avec M. Sabia, j'étais convaincu que la volonté de la Caisse de dépôt, c'était de vendre Rona. Ce n'est pas eux qui ont incité Lowe's à faire l'offre, mais c'est eux qui [...] ont changé la direction, par la suite, deux mois plus tard, ils ont changé le conseil d'administration [...] pour mettre des gens qui seraient ouverts à la vente de Rona », a relaté l'ex-PDG de Rona.

Robert Dutton a dit que c'est l'ancien ministre des Finances Raymond Bachand qui avait poussé la Caisse à bloquer la vente de Rona à Lowe's en 2012. Mais, cette fois-ci, il n'y a pas eu de blocage. « C'est évident, a dit M. Dutton, que pour le gouvernement [Couillard], c'est le marché qui prime, il l'a dit dans d'autres dossiers, notamment dans celui de Bombardier. »

Avec les informations de Maxime Bertrand

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