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La Caisse de dépôt et placement fête ses 50 ans

En un demi-siècle, la Caisse de dépôt et placement du Québec s'est hissée au 21e rang des gestionnaires de fonds dans le monde avec un actif net de 226 milliards de dollars et un rendement annualisé de 8,5 % sur 50 ans.

Un texte de Maxime Bertrand

Déjà lors de l'adoption de la Loi sur la Caisse de dépôt et placement du Québec le 15 juillet 1965, le premier ministre Jean Lesage voyait en la Caisse un puissant instrument financier.

« La Caisse sera appelée à devenir un réservoir considérable de capitaux, a-t-il dit. Elle devra contribuer au développement des ressources financières mises à la disposition des principales entreprises publiques et privées de notre milieu. »

Pour Jean-Claude Scraire, qui a été le cinquième dirigeant de la Caisse, c'est mission accomplie.

« Les points marquants, souligne-t-il, c'est qu'après 50 ans, on puisse parler de la Caisse comme étant une organisation qui a été intègre. »

« Nous étions colonisés »

L'ancien premier ministre Bernard Landry était aux premières loges au moment de la création de la Caisse de dépôt. Il travaillait alors comme fonctionnaire auprès de René Lévesque et de Jacques Parizeau, l'un des architectes de la Caisse.

« Obama disait : '' Yes, we can ''. René Lévesque disait : '' On est capables '', et il le répétait de façon obsessionnelle, se souvient-il. Et nous, les jeunes révolutionnaires tranquilles, nous l'avons cru et puis on [ne] s'est pas trompés ».

Un instrument financier qui se transforme

La Caisse a d'abord pour mandat de soutenir la croissance des fleurons de l'économie québécoise et de faire fructifier les épargnes de ses cotisants.

Au fil des ans, elle a diversifié son portefeuille, a pris le contrôle de Gaz Métro et s'est emparée d'Ivanhoé, le portefeuille immobilier des supermarchés Steinberg.

« Je pense que ça a été un point marquant, affirme Jean-Claude Scraire. Ça a été le départ du secteur immobilier. »

L'institution s'est ensuite tournée vers l'international tout en multipliant les filiales au Québec.

Des années tumultueuses

Au début des années 2000, la Caisse de dépôt et placement épaule Québecor pour empêcher l'entreprise torontoise Rogers de s'emparer de Vidéotron.

Bernard Landry reconnaît son intervention dans le dossier. « J'avais pas le droit de dire à la Caisse ''empêchez ça et achetez!'' Mais j'avais le droit de parler aux gens de la Caisse, avoir des conversations. J'ai eu des conversations fécondes et la Caisse a fait ce qu'il fallait faire », soutient-il.

L'aventure s'est toutefois soldée par une perte de centaines de millions de dollars.

La Caisse connaît par ailleurs d'autres mésaventures lors de la crise financière de 2008. Elle perd alors 40 milliards de dollars, soit le quart de sa valeur, notamment en raison de placements risqués. L'épisode douloureux du papier commercial, en 2009, a incité le PDG actuel de la Caisse, Michael Sabia, à opter pour une approche plus prudente, mais tout de même audacieuse.

La Caisse veut ainsi étendre ses tentacules à l'international et se lancer dans la construction d'infrastructures publiques. Le train léger du futur pont Champlain en est un exemple. Pour le PDG de la Caisse, le temps est venu de penser autrement.

Jean-Claude Scraire recommande toutefois la prudence afin que la Caisse ne devienne pas un instrument politique.

« Il faut trouver des moyens de maintenir l'indépendance du gouvernement, dit-il, de ne pas confondre le rôle de la Caisse et le simple financement d'infrastructures québécoises. »

Selon lui, c'est aux dirigeants qu'il incombera de fixer les limites.

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