L'identité, l'éducation et l'économie sont les principaux thèmes que la Coalition avenir Québec (CAQ) entend défendre au cours de la session parlementaire qui s'ouvre à Québec. De son côté, le Parti québécois entend démontrer « l'inaptitude du gouvernement » de Philippe Couillard à diriger la province. 

François Legault a notamment souhaité un débat serein sur les seuils d'immigration et l'identité québécoise.

Le chef de la CAQ est revenu avec sa proposition de réduire le nombre de migrants accueillis au Québec de 50 000 à 40 000 annuellement, évoquant, en appui à cette proposition, un taux de chômage de 18 % des immigrants arrivés au Québec au cours des cinq dernières années et une proportion de 41 % des immigrants qui ne parlent pas français. 

« On a 200 000 immigrants qui ne parlent pas français au Québec », a ajouté M. Legault en entrevue à ICI RDI. « On ne pourra pas donner des cours de français à tous ces gens-là du jour au lendemain. Je pense qu'il faut faire une pause pendant un certain nombre d'années et ramener le seuil à 40 000 immigrants par année. »

Il ajoute que même à 40 000 immigrants par année, le Québec serait toujours proportionnellement plus accueillant que la France et les États-Unis.

Outre les questions logistiques et économiques reliées à l'immigration, M. Legault estime que le Québec doit protéger ses valeurs et la langue française tout en accueillant ses immigrants. Il reproche au premier ministre Philippe Couillard d'avoir augmenté le nombre d'immigrants sans avoir ajouté de ressources pour s'assurer de leur intégration à la société québécoise.

Toujours dans le dossier de l'identité, M. Legault rappelle que son parti interdirait le port de tout signe religieux aux personnes en position d'autorité (juge, policiers et gardiens de prison) de même qu'aux enseignants « au nom de la neutralité de l'État ».

« On a le droit de débattre de ces questions-là sans se faire accuser de xénophobie ou de Donald Trump », a déclaré M. Legault, en déplorant l'attitude du premier ministre Philippe Couillard dans ces dossiers. « C'est un débat qui a lieu dans à peu près tous les pays dans le monde. »

Il reproche à M. Couillard de s'insurger et de s'énerver chaque fois que ces questions reviennent à l'ordre du jour de l'Assemblée nationale. II estime que le débat doit avoir lieu et se faire sereinement.

Éducation et économie

En éducation, il déplore l'immobilisme du gouvernement qui mène des consultations depuis son accession au pouvoir il y a deux ans et demi. « On est d'accord pour consulter, mais ça ne doit pas devenir une "consultonite", a-t-il ironisé. On a besoin de passer de la parole aux actes en éducation.

L'économie constituera un autre des chevaux de bataille de la CAQ cet automne. M. Legault a dénoncé la création d'emplois peu rémunérés alors que la province devrait miser sur des « emplois de qualité de 30 $ à 40 $ de l'heure ».

Le PQ dénonce un gouvernement libéral « complètement déconnecté de la réalité »

Le chef intérimaire péquiste, Sylvain Gaudreault, a affirmé de son côté que le PQ entend démontrer l'inaptitude des libéraux à diriger la province.

« On veut démontrer que ce gouvernement libéral de M. Couillard est complètement inapte, complètement déconnecté de la réalité, a déclaré M. Gaudreault en entrevue à ICI RDI. C'est un gouvernement qui laisse partir les joyaux, les fleurons économiques du Québec à coups de « OK » dans les courriels. »

En santé, M. Gaudreault dénonce l'attitude du gouvernement qu'il accuse de favoriser les médecins au détriment des citoyens. « C'est un gouvernement de docteurs et non un gouvernement de patients », poursuit M. Gaudreault.

« C'est un gouvernement qui est empêtré encore par des questions éthiques, avec M. Lessard et les subventions à certains de ses proches », évoquant l'attribution d'une subvention à un proche du ministre des Transports Laurent Lessard.

Les priorités de l'opposition officielle ont toutefois été éclipsées par la sortie de la candidate à la direction du parti, Martine Ouellet.

Cette dernière a accusé le chef intérimaire du PQ de s'ingérer dans la course à la direction.

« Je suis convaincu de ne pas m'ingérer dans la course à la direction », a rétorqué M. Gaudreault aux journalistes qui insistaient pour connaître sa réaction à la sortie de sa collègue.

« Je suis le chef intérimaire de ce parti, chef de l'aile parlementaire de façon intérimaire et chef de l'opposition officielle, a-t-il poursuivi. Ma seule responsabilité est de préserver l'unité du groupe, mais aussi de faire le travail de l'opposition officielle. » La défense de l'intégrité du parti a toutefois éclipsé les priorités de l'aile parlementaire en prévision de la session parlementaire automnale.

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