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La Catalogne dénonce la tentative de Madrid d'acheter le référendum catalan

La tentative par l'Espagne de monnayer l'abandon du référendum sur l'autodétermination de la Catalogne contre une plus grande autonomie financière pour le territoire démontre une grande incompréhension de la question catalane, selon le ministre catalan des Affaires étrangères, Raul Romeva.

Le ministre Romeva réagissait ainsi à une perche tendue par le ministre espagnol de l’Économie, Luis de Guindos, lors d’une entrevue accordée au Financial Times. Ce dernier a déclaré au quotidien que le gouvernement espagnol serait disposé à négocier plus d’argent pour la Catalogne de même qu’une plus grande autonomie financière si elle renonçait au référendum.

« Une fois que les plans d'indépendance seront abandonnés, nous pourrons parler », a déclaré le ministre de Guindos. « La Catalogne a déjà beaucoup d'autonomie, mais on pourrait parler d'une réforme du système de financement et d'autres questions », a-t-il ajouté.

En entrevue à l'émission Midi info, M. Romeva insiste sur la dimension démocratique du projet. « On a toujours insisté pour faire valoir qu’il s’agissait surtout d’une question de démocratie et de respect de la volonté populaire », soutient-il.

« Le problème au moment où nous sommes, c’est qu’il y a une répression de la part de l’État, contre des gens qui demandent légitimement et pacifiquement la nécessité, le besoin de faire un référendum », poursuit-il. Or, en ce moment la question qui est débattue n’est pas de savoir si les gens sont favorables ou non à faire de la Catalogne un État indépendant, déplore M. Romeva, mais celle d’un État de droit qui tente d’empêcher la tenue d’un débat politique à ce sujet.

Il ajoute que ses collègues ministres et lui ont été inculpés dans une cause criminelle pour avoir organisé le référendum, « [ce] qui ne constitue pas un crime », indique-t-il. Les élus attendent la décision de la justice espagnole pour savoir s’ils seront poursuivis.

M. Romeva estime que le ministre espagnol de l’Économie« ne comprend rien » ou qu’il a « complètement perdu la notion de la réalité en Catalogne » pour proposer de régler une telle question avec un peu d’argent.

Une question de principe... et de droit

L’absence d’appuis au projet catalan sur la scène internationale n’inquiète pas le ministre Romeva. Il souligne que lors des 53 référendums du genre tenus au cours des 25 dernières années, jamais l’appui international n’est venu avant le résultat de la consultation populaire.

Ce qui l’inquiète par contre, c’est le silence de l’Europe et de la communauté internationale sur la répression policière et judiciaire d’un processus politique. « Personne n’a dit que la Catalogne n’avait pas le droit de voter, indique-t-il, et ça, c’est important de [le] noter. »

Il estime qu’en bout de ligne, ce sera une question de légitimité et de discussions politiques.

Le ministre Romeva rappelle que le référendum sur l’indépendance de la Catalogne constitue une manœuvre de dernier recours. « Quand on a tout essayé, quand on a tout demandé et qu’on n’a pas réussi à trouver une alternative […] la seule qui reste c’est le droit de décider », confie-t-il. « On a tout essayé, tout demandé. Finalement on est arrivé à la seule solution possible. »

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