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La cloche de « Batoche » entre les mains de la Nation métisse de l'Alberta

La célèbre cloche de « Batoche » qui s'est mystérieusement volatilisée de la voûte du Centre du patrimoine de la Société historique de Saint-Boniface, à Winnipeg, a en fait été confiée à la Nation métisse de l'Alberta (NMA).

Le doyen de l'Union nationale métisse Saint-Joseph du Manitoba (UNMSJM) Guy Savoie affirme que lui et Billyjo Delaronde, celui qui avait ramené la cloche en Saskatchewan, ont amené l'objet en Alberta, à la demande de l'évêque Albert Thévenot du diocèse saskatchewanais de Prince Albert, pour qu'elle soit remise à la présidente de la NMA Audrey Poitras.

« Je me suis plié aux instructions de Monseigneur, raconte M. Savoie. Monseigneur a choisi, en automne dernier, d'envoyer la cloche en Alberta. Il nous a contactés [moi et Billyjo Delaronde], et pour acquiescer à la volonté de Monseigneur, nous sommes allés chercher la cloche, nous l'avons amenée en Alberta et nous l'avons déposée avec la présidente de la Nation métisse de l'Alberta. »

« C'est [Audrey Poitras] qui l'a, c'est elle qui devait l'entreposer et la protéger et défendre la cause », fait valoir le doyen de l'UNMSJM.

Le porte-parole du Diocèse de Prince Albert, Louis Hradecki, avait confirmé plus tôt que Mme Poitras avait bel et bien la charge de l'objet de toutes les convoitises.

Les origines de la cloche ne sont pas claires aux yeux de tous. Les Métis du Manitoba et de la Saskatchewan soutiennent que la cloche provient de Batoche, en Saskatchewan, tandis que le conseil de bande de Frog Lake, une communauté située à 90 km à l'est d'Edmonton, affirme qu'il s'agit de celle qui a disparu de leur église en 1885.

La semaine passée, le directeur général du Centre du patrimoine Gilles Lesage avait reçu une lettre de l'avocate représentant la Première Nation Frog Lake lui demandant où se trouvait l'artefact historique.

M. Lesage avait répondu que la cloche, qui était sous la garde officielle de l'Union nationale métisse Saint-Joseph du Manitoba (UNMSJM) n'était plus là, et qu'il « n'avait aucune façon de savoir où elle est ».

D'après lui, deux hommes étaient venus prendre la cloche en disant qu'ils la rapportaient à Frog Lake. « Nous ne savions pas où elle allait, mais à l'époque, il semblait que le Diocèse de Prince Albert était parvenu à un accord sur l'appartenance de la cloche », concédait-il.

Avant qu'un documentaire de CBC ne remette l'origine de la cloche en doute, l'artefact qui appartenait à l'UNMSJM était entreposé au Musée de Saint-Boniface. Les conditions d'emprunt y étaient strictes, souligne la directrice du Musée, Vania Gagnon.

« On avait une entente [avec l'UNMSJM] où certaines personnes devaient appeler soit le directeur du musée soit le chef de l'entretien pour venir chercher la cloche lorsqu'elle quittait [les lieux du Musée de Saint-Boniface] », explique-t-elle.

Lorsque la question autour de l'appartenance de la cloche a été lancée, la Première Nation de Frog Lake a déposé une déclaration auprès de la Cour du Banc de la Reine de l'Alberta pour le rapatriement de la cloche. « D'après nos informations et des documents historiques, cette cloche est la cloche de Frog Lake », martèle l'avocate Tina Dion, qui représente la Première Nation albertaine.

Mme Dion déclare qu'une réunion a été convoquée en mars 2015 entre son client, l'évêque Thériault du diocèse albertain de Saint-Paul et l'évêque Thévenot du diocèse saskatchewanais de Prince Albert, où se trouve la paroisse de Batoche.

Selon l'avocate Tina Dion, les parties présentes à la réunion ont signé une entente selon laquelle la cloche serait entreposée dans un local sécuritaire appartenant à une tierce partie désignée d'un commun accord, jusqu'à ce que la question de l'appartenance soit résolue de manière satisfaisante.

La voûte du Centre du patrimoine à la Société historique de Saint-Boniface avait alors été choisie par les deux parties.

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