Retour

La cloche de « Batoche » retrouvée en Saskatchewan

Après de nombreuses spéculations quant à son emplacement, la célèbre cloche de « Batoche » a finalement été localisée au musée de l'Institut Gabriel Dumont à Saskatoon.

Le directeur de l'établissement Geordy McCaffrey a précisé vendredi qu'elle s'y trouvait depuis quatre mois. La cloche s'était mystérieusement volatilisée de la voûte du Centre du patrimoine de la Société historique de Saint-Boniface, à Winnipeg.

Les origines de la cloche ne sont pas claires aux yeux de tous. Les Métis du Manitoba et de la Saskatchewan soutiennent que la cloche provient de Batoche, en Saskatchewan, tandis que le conseil de bande de Frog Lake, une communauté située à 90 km à l'est d'Edmonton, affirme qu'il s'agit de celle disparue de leur église en 1885.

Au cours des deux dernières années, le Diocèse de Prince Albert, en Saskatchewan, avait confié la garde de l'artéfact à l'Union nationale métisse Saint-Joseph du Manitoba, en attendant qu'une décision soit prise vis-à-vis de l'endroit où devrait se trouver la cloche.

Selon la croyance populaire, au terme des combats qui se sont soldés par la défaite des Métis de Louis Riel, trois soldats canadiens ont volé la cloche de l'église de Batoche et l'ont rapportée en Ontario, où elle fut exposée jusqu'en 1991, date à laquelle elle a été dérobée par le Métis manitobain Billyjo Delaronde, qui l'a ramenée dans l'Ouest.

Une cloche empruntée

Geordy McCaffrey affirme qu'à son souvenir que l'Institut a emprunté l'artéfact auprès du Centre du patrimoine de la Société historique de Saint-Boniface. L'Institut l'utilise à des fins éducatives pour des groupes d'écoliers, note-t-il, ajoutant que beaucoup de gens viennent photographier la cloche depuis cet été.

Toutefois, le directeur du Centre, Gilles Lesage, a laissé savoir jeudi qu'il ne savait pas où se trouvait la cloche, contredisant ainsi les propos de M. McCaffrey. Deux hommes sont venus prendre la cloche disant qu'ils la rapportaient à Frog Lake, il y a environ un an, affirmait M. Lesage

M. McCaffrey se dit surpris d'apprendre que la cloche de « Batoche » avait été tenue pour disparue. « Nous étions un peu surpris d'entendre que les gens pensaient que la cloche s'était volatilisée. Nous avons été ouverts sur sa présence. »

M. McCaffrey précise qu'il a informé le Diocèse de Prince Albert de la présence de la cloche dans son établissement, et qu'il est prêt à la lui remettre. Il ajoute qu'un roulement d'employés et un manque de communication avec les différents organismes concernés ont été à l'origine du quiproquo sur l'emplacement de la cloche.

Mgr Albert Thévenot du Diocèse de Prince Albert a pour sa part indiqué vendredi qu'il avait confié la cloche à la Nation métisse de l'Alberta.

« J'ai confié la cloche que nous disons de Batoche à Audrey Poitras, la présidente de la Nation métisse de l'Alberta. Elle s'était engagée à défendre la cloche lorsque nous avons appris qu'elle allait en Cour pour voir si c'était la cloche de Batoche ou de Frog Lake. Elle devait prendre ça en main, alors on lui a confié la responsabilité pendant tout ce temps-là. »

Il promet de s'adresser à Mme Poitras pour déterminer l'avenir de l'objet qui suscite tant de convoitises. Jointe par Radio-Canada, Audrey Poitras n'a pas voulu commenter l'affaire.

Plus d'articles