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La Coalition féministe contre la violence envers les femmes est née

Dans un contexte de dénonciations d'agressions sexuelles, d'année électorale et à quelques jours de la Journée internationale des femmes le 8 mars, une quinzaine de groupes œuvrant contre les violences faites aux femmes s'associent pour former une coalition féministe.

Le but de cette coalition est de remettre la lutte contre les violences faites aux femmes au centre des préoccupations politiques, notamment en ce qui concerne les agressions sexuelles et les violences conjugales.

« À l’heure actuelle, on assiste à des reculs. Si on regarde la stratégie en matière d’agressions sexuelles qui a été lancée en 2016, on voit qu’elle est beaucoup moins claire et beaucoup moins forte que les orientations en matière d’agressions sexuelles du début des années 2000 », explique Louise Riendeau, du Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale.

« Le plan du bilan d’action de 2012-2017 en matière de violences conjugales vient de sortir. Sur les 135 mesures dont le gouvernement rend compte, plusieurs n’ont pas donné de résultats concrets », poursuit-elle.

En prévision des élections provinciales du 1er octobre prochain, les membres de la Coalition comptent solliciter une rencontre avec tous les chefs des différents partis pour qu’ils s’engagent dans leur combat.

Vendredi, les 11 groupes qui forment le Collectif 8 mars, rassemblant les principales centrales syndicales du Québec ont d’ailleurs rencontré le premier ministre Philippe Couillard afin de lui rappeler certaines de leurs revendications qu’ils considèrent restées lettre morte.

Adapter le système de justice pour toutes les femmes violentées

L’un des moyens préconisés par la Coalition pour renforcer la lutte contre les agressions sexuelles et les violences conjugales est l’amélioration de la justice, pour faire en sorte qu’elle soit mieux adaptée à toutes les femmes. Par exemple, la Coalition vise un meilleur accès à la justice et une meilleure administration des cas de violences conjugales et d'agressions sexuelles.

La Coalition estime à 12 milliards de dollars le coût annuel des conséquences des violences envers les femmes au Canada.

En effet, dans leurs revendications les membres de la Coalition insistent particulièrement sur les femmes marginalisées, en situation de handicap, sourdes, les femmes immigrantes et racisées, ou encore issues de la diversité sexuelle, souvent laissées pour compte.

« Aujourd’hui, on doit constater l’échec des politiques publiques à protéger toutes les femmes. Par exemple, les mesures pour permettre à certaines femmes plus marginalisées de recevoir des services et d’exercer leurs droits en toute équité n’ont jamais été mises en place par le gouvernement », rappelle Louise Riendeau.

La création de la Coalition féministe contre la violence envers les femmes a un écho encore plus grand, car elle est créée à quelques jours seulement du 8 mars, date de la Journée internationale des femmes. Elle s’inscrit également en plein dans la lignée du mouvement #MoiAussi (#MeToo).

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