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« La conduite de Thomas Harding n’était pas parfaite, mais raisonnable », plaide son avocat

Les plaidoiries ont repris lundi matin au palais de justice de Sherbrooke au procès des trois accusés de la tragédie de Lac-Mégantic. L'avocat de Thomas Harding, mécanicien de locomotive pour la Montreal Maine & Antlantic Railway(MMA) lors des événements, a plaidé que rien ne permettait de voir dans le comportement de son client cette nuit-là une responsabilité criminelle.

Un texte de Marie Eve Lacas

Me Charles Shearson a décrit la conduite de Thomas Harding comme « n’étant pas parfaite, mais raisonnable ». Il s’est référé aux nombreux témoins qui ont assuré que la perfection était impossible dans l’industrie ferroviaire.

« Si personne n’a vu le risque à Nantes, ni Transports Canada, ni la MMA, ni la direction. Est-ce juste de blâmer Thomas Harding de ne pas l’avoir vu? » a plaidé Me Shearson. Il a aussi noté que depuis la tragédie, les normes ont été revues. « Pourquoi ces changements dans l’industrie, si c’était l’erreur d’un seul homme? » a -t-il ajouté.

L’avocat a fait référence à la réglementation en vigueur le 5 juillet qui permettait que la locomotive de tête reste allumée et aux mécaniciens de se fier aux freins à l’air.

Il a aussi indiqué qu’aucun des témoins au procès, malgré leur vaste expérience, n’a pu établir que le nombre minimum de freins à main prévu dans la réglementation aurait été insuffisant pour ce convoi.

La semaine dernière

La semaine dernière, la Couronne a cité l’expert ferroviaire Stephen Callaghan pour conclure que si un nombre suffisant de freins avaient été serrés et qu’un test adéquat avait été effectué avant de laisser le convoi sans surveillance, la tragédie ne serait pas survenue. L’expert a établi à 14 ce nombre de freins.

La poursuite a aussi plaidé que si le contrôleur de la sécurité ferrovaire, Richard Labrie, et le directeur de l’exploitation ferroviaire pour la MMA au Québec, Jean Lemaître, avaient posé les bonnes questions à la suite de l’incendie de la locomotive, la tragédie aurait pu être évitée.

Leurs avocats respectifs ont plaidé qu’ils ont agi de la même manière qu’une personne placée dans les mêmes circonstances et raisonnable l’aurait fait. Ils rejettent l’accusation de négligence criminelle ayant causé la mort qui pèse contre leurs clients.

Trois verdicts à rendre

Le juge Gaétan Dumas donnera ses directives au jury à la fin des plaidoiries. Il devra leur expliquer entre autres la notion de négligence criminelle. Douze des quatorze jurés choisis devront s’entendre sur trois verdicts unanimes ; un pour chaque accusé.

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