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La construction de homardiers connaît un boom dans les Maritimes

La construction de bateaux de pêche au homard tient les chantiers navals des Maritimes très occupés ces jours-ci. En fait, l'attente pour les acheteurs peut s'étaler sur des années.

« Notre carnet de commandes est plein pour les trois ou quatre prochaines années », confirme Fraser Challoner, copropriétaire de Wedgeport Boats, une petite localité acadienne du sud-ouest de la Nouvelle-Écosse.

« Si vous voulez un bateau, nous pouvons commencer en 2019 (à le construire), mais il vous faudra attendre à 2020 pour la livraison », explique-t-il. Son entreprise exige un dépôt de 10 000 $ au moment de la commande, pour des bateaux dont le prix total peut atteindre 1 000 000 $.

Bruno Gaudet, de Chéticamp Boatbuilders, est l'un de ces constructeurs d'expérience. Son entreprise n'accepte aucune nouvelle commande d'ici 2018. « Je travaille dans ce métier depuis 35 ans et je n'ai jamais refusé autant d'ouvrage », dit-il.

Les beaux jours de l'industrie sont revenus

Ce boom de construction est attribuable à différents facteurs. D'abord, l'industrie de la pêche au homard se porte très bien et a besoin de plus de bateaux. Ensuite, les bateaux commandés sont plus gros et exigent donc plus de temps à construire. Et enfin, il y a une pénurie de main-d'oeuvre qualifiée dans les chantiers.

« J'ai 8 hommes et il m'en faudrait 16, affirme Jimmie Doucette, de Doucette Boat Building, à l'Île-du-Prince-Édouard. Je n'arrive pas à trouver des travailleurs. »

Le chantier Construction navale atlantique de Bas-Caraquet, pour sa part, veut profiter du boom pour doubler le nombre de ses travailleurs. Il en compte 10 actuellement. « Nous nous ajustons pour répondre à la demande », explique Jean-Pierre Robichaud, un porte-parole du chantier.

Des pêcheurs plus riches

Louis Duguay, de Cap Pelé Entreprises, un petit chantier maritime, explique que la remontée des prix du homard a augmenté les revenus des pêcheurs. « Cela les a motivés à réparer leurs bateaux, à les remettre à neuf ou à en acheter de nouveaux, dit-il. Mon carnet de commandes est plein pour les deux prochaines années! »

Le pêcheur Andrew Nickerson a commandé un bateau au chantier de Wedgeport. Lorsqu'il sera complété, le L and J Swell Rider lui aura coûté 700 000 $.

Il s'agit d'un bateau de 15 mètres de long et 8 de large, trop gros pour le hangar où il est construit. Le chantier a dû ouvrir un mur pour lui faire de la place.

« C'est un investissement dans mon entreprise, explique le pêcheur. Cela me permettra de rester plus longtemps sur l'eau. Au lieu de revenir au quai après six heures, je pourrai passer la nuit en mer, tout en gardant mon homard vivant [dans le vivier qui sera aménagé dans la cale]. Ce sera plus économique. »

Le nouveau bateau sera aussi plus confortable et luxueux que les petits bateaux traditionnels. Il aura toutes les commodités d'une maison, selon le constructeur Fraser Challoner.

Cette nouvelle génération de bateaux, plus gros, mieux équipés, prends plus de temps à construire, précise-t-il. Alors que son chantier livrait 12 ou 13 bateaux par année en 2003, il doit se limiter à six ou sept aujourd'hui.

Des communautés côtières plus prospères

Toute cette activité profite aux communautés côtières, qui connaissent elles aussi un certain boom économique.

« Quand on pense aux commerces, il y en a un grand nombre en région côtière dans toute la province (Nouvelle-Écosse), affirme M. Challoner. Le boom a un impact positif sur toutes ces communautés. Prenez notre entreprise : 35 employés, c'est 35 familles. Des familles qui touchent un revenu toute l'année alors que nous étions saisonniers avant. »

D'après un reportage de Paul Withers, CBC

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