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La construction de mini-maisons au Québec est-elle trop règlementée?

Construire ou acheter une mini-maison, ces petites résidences de moins de 1000 pieds carrés, peut être difficile au Québec. Au moment où le phénomène est en vogue, il est difficile de trouver des municipalités qui les acceptent.

Un texte de David Savoie

Les mini-maisons gagnent en popularité, mais les municipalités qui en autorisent la construction au Québec sont très rares. Ce n'est pas nécessairement une question de fermeture. Que ce soit au chapitre du Code du bâtiment, ou encore, des règles municipales, qui nécessitent parfois un certain pourcentage d'occupation des terrains, les règles ne permettent pas de construire des mini-maisons dans de nombreux endroits.

À Lanthier, près de Sainte-Agathe, Mathieu Cowan monte les murs de sa mini-maison, dans un chantier au coeur d'une forêt dense. Il est l'un de ceux qui ont déboursé entre 90 000 $ et 135 000 $ pour un terrain et leur maison. 

L'engouement pour les mini-maisons est tel dans ce petit village des Laurentides que le deuxième Festival de mini-maisons s'y tiendra au cours du week-end.

Si la mini-maison est attrayante, en raison de ses avantages écologiques et économiques, la construction s'est avérée plus compliquée que prévu pour le jeune homme. Il y a eu des retards, mais aussi quelques surprises sur le plan légal. Certaines choses étaient tolérées par la règlementation municipale et provinciale en vigueur, d'autres non, dit-il.

Tout près de la maison de M. Cowan, Didier Merette prépare son terrain pour la livraison de sa petite demeure de moins de 600 pieds carrés. « Le principal obstacle, c'est vraiment de trouver un endroit où c'était légal, où je pouvais vraiment construire ma mini-maison sur fondation, mais sinon j'ai été quand même assez chanceux, je suis tombé au moment où ça commence à s'ouvrir », dit-il.

Depuis quelques années, Lantier, tente de devenir la première ville québécoise où apparaîtra un ensemble résidentiel composé de mini-maisons et de jardins communautaires. La municipalité de Lantier a d'ailleurs modifié ses règlements de construction et de zonage, de manière à permettre la construction de petites maisons sans sous-sol.

Les obstacles peuvent également être financiers : certaines banques sont réticentes à accorder un prêt hypothécaire pour des maisons de plus petite taille.

Changer les règles?

Des architectes et des promoteurs pensent qu'il faudrait adapter les règles, même si le mouvement des mini-maisons demeure encore assez marginal au Québec. Par exemple, à Lanthier, six ans auront été nécessaires au promoteur Claude Trépanier pour obtenir les dérogations et aller de l'avant avec son projet.

« Dans plusieurs municipalités, pour ne pas dire la majorité des municipalités, si les normes sont appliquées telles quelles, c'est impossible de construire une mini-maison. Les normes doivent être adaptées à ce nouveau type d'habitation, puis je crois que ça serait sage de le faire, parce qu'il n'y a personne qui perdrait à ce que les normes soient ajustées en fonction de ce nouveau type d'habitation », estime Stéphane Langevin, architecte et associé principal chez STGM.

Au ministère des Affaires municipales et de l'Occupation du territoire, il n'y a pas de modifications envisagées pour le moment, puisqu'aucune demande n'a encore été déposée en ce sens.

À l'heure actuelle, il y a moins d'une dizaine de projets de développement immobilier de mini-maisons au Québec, dans les Laurentides, en Estrie et près de Québec. Certains estiment que ces petites demeures représentent l'avenir de l'immobilier, avec la possibilité d'avoir accès à une propriété et une occasion de revitaliser l'économie de régions rurales.

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