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La consultation sur la discrimination systémique devra être publique, dit maintenant Couillard

Le premier ministre Philippe Couillard rectifie le tir en ce qui concerne le huis clos à la consultation sur la discrimination systémique et le racisme. Sauf exception, les témoignages qui y seront faits devront être publics, a-t-il affirmé mardi à l'Assemblée nationale.

La semaine passée, la ministre de l'Immigration et de l'Intégration sociale, Kathleen Weil, avait défendu l'idée que la consultation devait se faire à huis clos.

Mais mardi, durant la période de questions à Québec, M. Couillard a déclaré que la ministre était « prête à faire des améliorations quant à la formule de la Commission, notamment quant à son caractère public ou privé selon les cas ».

Au chef de l'opposition officielle, qui réclame du gouvernement qu'il renonce à cette consultation, le premier ministre du Québec a répondu : « Non, je préfère qu’on ait un débat et qu’on écoute tous ceux et celles qui voudront s’exprimer ».

La perspective « que notre société recule devant la possibilité d'avoir cette discussion » inquiète beaucoup Philippe Couillard, qui croit que cela ternirait « l'image internationale du Québec ».

En après-midi mardi, la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse a identifié la trentaine d'organismes qui mèneront les consultations locales prévues en octobre. Les organismes proviennent de treize régions de la province et vont du Conseil panafricain de Québec (COPAQ) au Carrefour jeunesse emploi Beauce Nord, en passant par le Centre des organismes communautaires de Montréal.

La consultation s'enrichira d'un site web en octobre et, en novembre, un forum public aura lieu avec des spécialistes. Par ailleurs, quatre équipes de travail exploreront des thèmes tels qu'éducation, santé, justice et sécurité publique, culture et médias.

Une consultation décriée

La semaine passée, Amir Khadir, de Québec solidaire, et le militant Will Prosper avaient allégué que la Commission des droits de la personne faisait preuve d'un manque de transparence dans ce dossier controversé que lui a confié le gouvernement Couillard.

Pour leur part, les partis d'opposition que sont le Parti québécois et la Coalition avenir Québec (CAQ) considèrent que la consultation ne doit pas avoir lieu.

« Nous demandons l'annulation pure et simple de cette commission bien mal partie », a déclaré Nathalie Roy de la CAQ, qui craint que la consultation ne crée « des fractures dans notre société ».

Il ne faut pas envenimer le débat, plaide le Parti québécois

Le Parti québécois entend déposer dans deux semaines un projet de loi axé sur l’intégration en emploi.

Pour Jean-François Lisée, des curriculum vitae anonymes et l'interdiction d'exiger d'un candidat qu'il ait de l'expérience en sol canadien seraient des mesures plus efficaces que la tenue d'une consultation. Le chef péquiste se dit persuadé que la consultation va « envenimer le débat ».

Mais le premier ministre Couillard maintient que le Québec doit se mobiliser pour parler « d'un sujet de vie commune aussi essentiel ».

« L’Ontario l’a fait et il n’y a pas eu de drame, a-t-il assuré. Il n’y en aura pas plus au Québec. »

L'Ontario a tenu dix consultations sur le racisme en 2016. La dernière aeu lieu à Ottawa.

En mai dernier, la Ville de Toronto a dévoilé un plan d'action dans le but de combattre le racisme envers les Noirs.

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