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La Corée du Nord doit cesser son « comportement menaçant », dit Tillerson

« Une cessation durable du comportement menaçant de la Corée du Nord doit intervenir avant que des discussions puissent commencer », a déclaré le secrétaire d'État américain, Rex Tillerson, lors d'une réunion du Conseil de sécurité des Nations unies consacrée au programme balistique et nucléaire de Pyongyang.

« La Corée du Nord doit gagner son droit de revenir à la table des discussions, a déclaré le chef de la diplomatie américaine. Les pressions doivent se poursuivre et se poursuivront jusqu'à la dénucléarisation. »

M. Tillerson a toutefois souligné sa volonté de conserver des lignes de communication « ouvertes » afin de dénouer pacifiquement la crise nord-coréenne. M. Tillerson referme l’ouverture qu’il avait laissée poindre mardi en proposant un dialogue sans condition préalable avec la Corée du Nord.

Cette intervention de M. Tillerson avait été saluée par le président russe Vladimir Poutine qui appréciait le changement de ton américain, « la prise de conscience » et « le très bon signal » envoyé.

Mais la Maison-Blanche avait rapidement rectifié le tir en contredisant son secrétaire d’État. Washington avait insisté sur le fait qu’il ne saurait y avoir de discussion sans une « amélioration fondamentale du comportement » du gouvernement nord-coréen.

Cet après-midi, devant le Conseil de sécurité, le secrétaire d’État Tillerson a interpellé la Chine et la Russie pour qu’elles accroissent leurs pressions sur la Corée du Nord. Il leur a demandé d’aller au-delà de la simple application des sanctions décrétées par l'Organisation des Nations unies (ONU).

En place depuis 2006, les sanctions ont été renforcées pour la dernière fois en septembre dernier, après un sixième essai nucléaire nord-coréen.

L’appel de Washington a trouvé peu d’écho à Moscou où le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Igor Morgoulov, s’est montré peu enclin à étrangler économiquement la Corée du Nord. Il a notamment estimé que les pressions économiques approchaient la « ligne rouge ».

« Nous sommes attachés à les mettre en œuvre », a répliqué l'ambassadeur russe à l'ONU, Vassily Nebenzia, au sujet des sanctions. « Mais la diplomatie, ce n'est pas que des sanctions », s'est-il exclamé, ajoutant : « Les sanctions ne sont pas de la diplomatie ».

Rhétorique guerrière

L’ambassadeur nord-coréen à l’ONU, Ja Song-nam, a assisté à la réunion du Conseil de sécurité organisée par le Japon. Écoutant une partie du discours de M. Tillerson les yeux fermés, Ja Song-nam s’en est vivement pris au Japon et aux États-Unis lors de son intervention.

« [Cette réunion] est une mesure désespérée des États-Unis, terrifiés par notre puissance », a-t-il lancé, sans quitter son texte des yeux. L’ambassadeur nord-coréen a soutenu que le programme nucléaire de son pays poursuivait un objectif de « dissuasion ».

« La Corée du Nord est une puissance nucléaire responsable » qui « respectera ses obligations de non-prolifération », a assuré Ja Song-nam.

« Nous n'accepterons jamais une Corée du Nord dotée de l'arme nucléaire », a rétorqué M. Tillerson. Ce dernier avait indiqué, dans son allocution préalable, que les États-Unis ne voulaient pas de conflit. « Nous ne cherchons pas, et nous ne voulons pas, de guerre avec la Corée du Nord », a-t-il dit.

« Les États-Unis auront recours à toutes les mesures nécessaires pour se défendre contre une agression nord-coréenne », a prévenu le secrétaire d'État, plaçant ses espoirs dans la diplomatie pour éviter un tel scénario.

Ouvrir le dialogue

Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a pour sa part affirmé être « très préoccupé par le risque de confrontation militaire » dans la péninsule coréenne en rappelant les multiples lancements de missiles effectués cette année « sans notification de sécurité maritime et aérienne préalable ».

« Il est temps de rétablir des canaux de communication renforcés, y compris entre Coréens et entre militaires », a poursuivi le patron de l'ONU. M. Guterres s’est proposé pour servir de médiateur.

Menées par les États-Unis, la Russie, la Chine, le Japon et la Corée du Sud, et appelées « pourparlers à Six », les négociations avec la Corée du Nord sont interrompues depuis 2008.

Soulignant que la Chine paye un plus lourd tribut que les autres pour les sanctions imposées à la Corée du Nord, la Chine étant le principal partenaire économique de la Corée du Nord, son ambassadeur adjoint à l’ONU, Wu Haiteo, a réclamé « un règlement par le dialogue ».

De son côté, le Japon a reproché à Pyongyang son comportement.

La Suède a souligné, pour les 15 membres du Conseil de sécurité, « l'importance de rester unis », pendant que la France estimait que « la clé » de l’impasse résidait « dans la combinaison des pressions et du dialogue ».

Le Conseil de sécurité a imposé deux trains de sanctions économiques sévères contre la Corée du Nord cette année. En août, après des tirs de missiles intercontinentaux, et en septembre, après un essai nucléaire.

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