Retour

La Corée du Nord participera aux Jeux olympiques de Pyeongchang

Les discussions intercoréennes qui ont eu lieu mardi, les premières en plus de deux ans, ont porté leurs fruits : la Corée du Nord participera aux Jeux olympiques d'hiver de Pyeongchang, en Corée du Sud, et les deux pays, théoriquement en guerre, vont rétablir une liaison téléphonique militaire inutilisée depuis deux ans.

Les pourparlers entre les délégations des deux Corées ont eu lieu mardi à la Maison de la paix de Panmunjom, village frontalier où a été signé le cessez-le-feu de la guerre de Corée (1950-1953). La délégation nord-coréenne, dirigée par Ri Son-gwon, s'y est rendue après avoir traversé à pied la ligne de démarcation militaire.

Arrivé sur place, M. Ri a serré la main du ministre sud-coréen de l'Unification, Cho Myoung-gyon, qui dirige la délégation sud-coréenne. Les deux hommes se sont ensuite engouffrés dans le bâtiment, où ils ont échangé une nouvelle poignée de main à la table des négociations.

C'est lors des pourparlers qui ont suivi que la Corée du Nord « a proposé » d'envoyer à Pyeongchang une délégation composée d'athlètes – deux patineurs artistiques sont qualifiés – et d'autres personnalités de haut rang, a expliqué à la presse le ministre adjoint sud-coréen à l'Unification Chun Hae-sung. L'accord du Sud n'a pas tardé à être confirmé.

Séoul interdit en ce moment l'entrée de son territoire à plusieurs responsables nord-coréens en réponse aux essais nucléaires et aux tests de missiles effectués par le régime de Kim Jong-un. Le porte-parole du ministère sud-coréen des Affaires étrangères a toutefois fait savoir que la question fera l'objet de discussions avec le Conseil de sécurité des Nations unies et les pays concernés au besoin.

La Corée du Sud a également profité de l'occasion pour suggérer que les athlètes des deux Corées défilent ensemble lors de la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques, comme cela avait été le cas à Sydney (2000), Athènes (2004) et Turin (2006). Un tel scénario ne s'est en fait pas produit depuis les Jeux asiatiques d'hiver de 2007, en Chine.

La taille de la délégation nord-coréenne, ainsi que son hébergement, qui devrait être financé par Séoul, doivent encore être déterminés.

Le président du Comité international olympique, Thomas Bach, a fait savoir que la participation nord-coréenne aux Jeux d'hiver constitue « un grand pas en avant dans l'esprit olympique ».

Les États-Unis ont salué les pourparlers entre la Corée du Nord et la Corée du Sud, affirmant que tout ce qui contribue à diminuer les tensions dans la péninsule coréenne est positif.

Néanmoins, le secrétariat d'État a ajouté que des responsables américains travailleront avec Séoul pour s'assurer que l'envoi d'une délégation par Pyongyang aux Jeux olympiques « ne viole pas les sanctions imposées par le Conseil de sécurité de l'ONU en raison des activités illégales de la Corée du Nord dans les domaines nucléaires et des missiles balistiques ».

Une ligne téléphonique militaire rétablie

Les deux camps ont aussi profité de l'occasion pour s'entendre sur le rétablissement d'une liaison téléphonique militaire, qui avait été coupée en février 2016. L'objectif consiste à « abaisser la tension militaire actuelle et de tenir des discussions militaires sur la question », indique un communiqué conjoint.

La semaine dernière, les deux pays ont annoncé la remise en service d'un téléphone transfrontalier permettant aux deux Corées de dialoguer. Ce canal de communication intercoréen, boudé par Pyongyang depuis février 2016, se trouve lui aussi dans le village de Panmunjom.

Séoul a également proposé à Pyongyang d'organiser une réunion des familles séparées par la guerre de Corée d'ici les vacances du Nouvel An lunaire, prévues du 15 au 17 février, a indiqué le vice-ministre Chun. La réponse nord-coréenne à cette suggestion n'est pas connue.

« Le peuple souhaite ardemment voir le Nord et le Sud aller vers la paix et la réconciliation », a pour sa part commenté le ministre adjoint Chun.

La Corée du Sud a également appelé à la reprise des pourparlers entre les responsables de la Croix-Rouge des deux pays.

L'accalmie après des mois de tensions

Les plus récents développements s'inscrivent dans une séquence lancée par le président nord-coréen Kim Jong-un dans son traditionnel discours du Nouvel An.

Il avait déclaré vouloir améliorer ses relations avec son voisin du Sud, et souhaité la réussite des Jeux de Pyeongchang, en laissant entendre qu'il pourrait y envoyer une délégation.

Le président sud-coréen Moon Jae-in, partisan de longue date d'un dialogue, a rapidement qualifié la proposition d’« occasion importante d’améliorer les relations entre les deux pays », et son ministre de l'Unification a proposé de tenir des discussions de « haut niveau » avec Pyongyang le 9 janvier à Panmunjom.

M. Cho avait précisé que les discussions devraient principalement porter sur la participation de la Corée du Nord aux Jeux olympiques de Pyeongchang, mais n'avait pas caché son espoir que « d'autres questions d'intérêt mutuel pour l'amélioration des relations intercoréennes » seront abordées.

Le réchauffement diplomatique entre les deux Corées intervient après des mois de tensions exacerbées par une série de tests de missiles balistiques et un sixième essai nucléaire effectués par la Corée du Nord. Ces tests ont donné lieu à des échanges vitrioliques entre le président Kim et le président américain Donald Trump, et à de nouvelles sanctions de l'ONU contre Pyongyang.

Plus d'articles

Vidéo du jour


Recettes de Noël - Ragoût de boulettes de dinde et épinards