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La Corée du Nord procède au tir d'une fusée à longue portée

La Corée du Nord a procédé dimanche au tir d'une fusée à longue portée qui transporterait selon les autorités nord-coréennes un satellite, faisant fi des condamnations de la communauté internationale et des résolutions de l'ONU.

Le gouvernement communiste de Pyongyang avait informé les instances des Nations unies qu'il prévoyait tirer une fusée à longue portée transportant un satellite d'observation terrestre.

Il avait dans un premier temps présenté une fenêtre de tir comprise entre le 8 et le 25 février avant de la réduire à la période comprise entre le 7 et le 14 février.

La communauté internationale a dénoncé ce projet, estimant qu'il s'agissait d'un test de missile à longue portée, en infraction avec les sanctions de l'ONU interdisant à la Corée du Nord l'usage de la technologie balistique.

Le commandement stratégique américain a indiqué qu'un missile était entré dans l'espace et l'armée sud-coréenne a ajouté qu'un objet avait été placé en orbite, venant contredire les informations de la chaîne japonaise NHK et de l'agence sud-coréenne Yonhap, selon lesquelles la tentative avait été un échec.

« Tout ce que nous pouvons observer montre qu'il s'agit d'une répétition réussie du lancement de 2012, a dit un expert américain en technologie militaire. Mais il est encore trop tôt pour l'affirmer avec certitude ».

Le tir, ordonné par le dirigeant Kim Jong-un, a eu lieu vers 9 h 30, heure locale, et s'est traduit par « un succès total », a pour sa part rapporté la télévision nord-coréenne. Le lanceur aurait mis sur orbite un satellite 94 minutes après son décollage, a ajouté la télévision.

La Corée du Nord, qui revendique le droit de mener un programme spatial, avait lancé une fusée à longue portée en décembre 2012 plaçant en orbite un objet que les autorités avaient présenté comme un satellite de télécommunication.

Le premier ministre japonais Shinzo Abe a estimé que le lancement de ce qu'il a qualifié de « missile » était « absolument inacceptable ». La NHK a précisé que le Japon n'avait pas tenté d'abattre l'engin lancé par les Nord-Coréens.

Les autorités américaines ont indiqué avoir enregistré le lancement de la fusée nord-coréenne et précisé qu'elle ne présentait pas de danger pour les États-Unis ou pour ses alliés.

« Nous pouvons confirmer que nous avons enregistré un tir depuis la Corée du Nord. Les premières indications sont qu'il ne pose pas de menace pour les États-Unis ou nos alliés », a dit un responsable du département de la Défense. « Nous observons la situation », a-t-il ajouté.

À la suite de ce tir, la Corée du Sud a néanmoins annoncé qu'elle allait entamer des discussions avec Washington pour obtenir la livraison du système antimissile Thaad, capable de détruire les missiles balistiques en vol.

Appelle au calme de la Chine

En Chine, seule alliée du régime communiste isolé sur la scène internationale, le ministère des Affaires étrangères a estimé que cette initiative était de nature à accroître les tensions dans la péninsule coréenne.

« La Chine regrette que la Corée du Nord, en dépit de l'opposition généralisée de la communauté internationale, ait continué d'utiliser la technologie des missiles balistiques pour procéder à ce lancement », a dit la porte-parole du ministère, Hua Chunying.

Précisant que la région ne devait pas « être nucléarisée et sombrer dans la guerre », l'agence Chine nouvelle appelle à réagir calmement à l'initiative nord-coréenne afin d'éviter que la situation échappe à tout contrôle.

Alors que les Nations unies ont annoncé que le Conseil de sécurité allait se réunir en urgence ce dimanche à 11 h 00 à la demande des États-Unis, du Japon et de la Chine, Pékin a fait savoir qu'elle était toujours hostile à l'imposition de nouvelles sanctions

Les États-Unis vont travailler avec le Conseil de sécurité pour prendre des « mesures importantes » afin de tenir responsable la Corée du Nord de ce tir, a pour sa part déclaré le secrétaire d'État américain John Kerry.

La France a dénoncé une « violation flagrante » des résolutions de l'ONU interdisant à la Corée du Nord l'usage de la technologie de missiles balistiques et une « provocation insensée » de la part de Pyongyang. Dans un communiqué, l'Élysée a appelé à une « réaction rapide et sévère de la communauté internationale ».

De son côté, la présidente de la Corée du Sud, Park Geun-hye, a aussi jugé que cette initiative nord-coréenne était « une provocation impardonnable » et a appelé le Conseil de sécurité de l'ONU à prendre de nouvelles sanctions rapidement.

La présidente Park a expliqué que ce tir de fusée entrait dans le cadre de la stratégie du gouvernement de Pyongyang afin de se maintenir en place.

Susan Rice, conseillère pour les questions de sécurité auprès de la présidence américaine, a expliqué que l'usage de la technologie balistique par les Nord-Coréens était une mesure provocatrice et déstabilisatrice en infraction avec les résolutions de l'ONU.

Elle a appelé la communaute internationale à montrer à la Corée du Nord que ses « initiatives téméraires devaient avoir de graves conséquences ». Elle a ajouté que le programme nord-coréen constituait une menace pour les États-Unis et que ces derniers prendraient les mesures nécessaires pour se défendre.

Bombe thermonucléaire

Le mois dernier, la Corée du Nord a annoncé avoir testé un engin nucléaire pour la quatrième fois, affirmant qu'il s'agissait d'une bombe thermonucléaire miniaturisée. Les États-Unis et d'autres gouvernements mettent en doute l'exactitude de cette annonce.

La Corée du Nord travaillerait à la miniaturisation d'une tête nucléaire afin d'être en mesure de l'installer sur un missile mais certains experts estiment le régime communiste a besoin de temps pour parfaire sa maîtrise de cette technologie.

Les autorités nord-coréennes ont présenté deux versions de ce qui pourrait ressembler à un missile balistique dont la portée pourrait atteindre la côte ouest des États-Unis mais aucun élément ne permet d'affirmer que ce type d'engin a été testé.

La Corée du Nord revendique le droit de mener un programme spatial. Elle avait lancé une fusée à longue portée en décembre 2012 plaçant en orbite un objet que les autorités avaient présenté comme un satellite de télécommunication.

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