ANALYSE – Après ce dimanche, le sélectionneur croate Zlatko Dalic aura dirigé son équipe pour à peine 14 matchs. Un de ceux-là sera une finale de Coupe du monde.

Cette victoire de la Croatie contre l’Angleterre, c’est aussi la sienne. Dalic a accepté une mission impossible, en octobre dernier, quand il a remplacé Ante Cacic à la tête de la sélection. Il n’avait que deux jours pour préparer le dernier match de qualification des Croates sur la pelouse ukrainienne.

Les Damiers ont gagné 2-0. Ils ont terminé au 2e rang du groupe et relégué les Ukrainiens en 3e position. Dans les deuxième et troisième matchs de Dalic comme sélectionneur, la Croatie a réservé son billet pour la Russie : victoire de 4-1 au cumulatif en barrages contre la Grèce.

Mission accomplie? Loin de là. Après quatre matchs amicaux en préparation, un groupe D impitoyable avec l’Argentine, l’Islande et le Nigeria attendait la Croatie.

Dans leur premier rendez-vous du Mondial, les Croates ont battu les Nigérians. Tout semblait baigner dans l’huile, mais en cours de rencontre, l’attaquant Nikola Kalinic a refusé de quitter le banc.

Zlatko Dalic, huit matchs derrière la cravate, a expulsé Kalinic du groupe. Le patron, aussi nouveau soit-il, c’est lui.

« Comme j’ai besoin de joueurs prêts et en bonne santé, j’ai pris cette décision », a-t-il expliqué après les faits.

Prêts? En bonne santé? Difficile de qualifier ses joueurs autrement après les avoir vus contre l’Angleterre.

« Je voulais apporter des changements, mais personne ne voulait sortir, a révélé Dalic après la rencontre. Ils me disaient tous qu’ils étaient prêts, qu’ils pouvaient continuer à courir. »

Les Croates, une des équipes les plus âgées de cette Coupe du monde, ont résisté au test physique que les jeunes Anglais leur proposaient. Après la rapide (et magnifique) ouverture du pointage de Kieran Trippier, les Croates auraient dû être vulnérables aux transitions anglaises et à la vitesse de Raheem Sterling, par exemple.

Les Anglais auraient sans doute voulu mieux défier la défense croate. N’empêche, lorsque les Three Lions ont montré les dents, les arrières de la Croatie les ont domptés. L’expérience de Sime Vrsaljko, Dejan Lovren, Domagoj Vida et Ivan Strinic (114 ans d'âge et près de 200 sélections entre eux) les a bien servis.

Contrairement à leurs adversaires du jour, qui ont trop précipité leurs gestes, les Croates n’ont jamais perdu leur sang-froid, à l’image de leur sélectionneur

Luka Modric, candidat de choix au titre de meilleur joueur du tournoi, a continué de se déplacer généreusement, en fonction des besoins de l’équipe : parfois plus près du but, souvent dans ce petit espace entre l’arrière droit et son défenseur central, mais toujours décisif, même dans les actions les plus anodines.

Et Mario Mandzukic, en prolongation, a profité d’une action anglaise qui aurait dû être anodine, un dégagement qui aurait dû être plus net. Au 13e match de Dalic comme sélectionneur, c’est sur l’Angleterre que le mauvais sort est tombé.

It’s coming home (un jour, peut-être)

Les supporteurs anglais le chantaient depuis le début du tournoi : football is coming home. Le soccer rentre à la maison.

Les Anglais, en tout cas, rentrent à la maison – mais pas avant une passionnante revanche contre la Belgique en petite finale, samedi.

La douleur est intense, mais elle devrait l’être au moins autant que la fierté devant cette jeune équipe qui a redoré le blason du soccer anglais.

Ce collectif a accompli de grandes choses dans ce tournoi : il a atteint le carré d’as pour la première fois depuis 1990. Il a enfin gagné un match aux tirs au but. Et surtout, il a mis en place, avec son sélectionneur Gareth Southgate, une vraie identité de jeu et a affiché une volonté de prendre des initiatives.

Il y a deux ans, l’Angleterre venait de subir une humiliante défaite en huitièmes de finale de l’Euro contre l’Islande. Le sélectionneur nommé après le tournoi, Sam Allardyce, a quitté son poste deux mois plus tard, au beau milieu d’un scandale de corruption.

Une demi-finale de Coupe du monde après tout ça? C’est déjà une victoire, et une raison de continuer de chanter.

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