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La CSN vient en aide aux ambulanciers en détresse

Une ambulancière en état de stress post-traumatique obtient peu d'aide de son employeur, jusqu'au jour où elle est secourue par son syndicat.

Un texte de Claude Brunet à Désautels le dimanche

Josée Bouchard est ambulancière depuis 26 ans. Elle travaille pour les Services préhospitaliers Laurentides-Lanaudière. Elle souffre du trouble de stress post-traumatique depuis presque deux ans.

Josée Bouchard a longtemps eu le sentiment d'être laissée à elle-même.

Un ambulancier atteint d'un état de stress post-traumatique obtient difficilement de l'aide au sein de son entreprise. Généralement, on lui suggère de s'adresser au programme d'aide aux employés (PAE).

Le PAE est toutefois mal adapté aux personnes qui souffrent du trouble de stress post-traumatique. L'employeur offre de 5 à 10 rencontres avec un psychologue ou un travailleur social. C'est largement insuffisant pour soulager les symptômes.

Josée Bouchard a eu recours au programme d'aide aux employés, et son état ne s'est pas amélioré.

Des traitements offerts par son syndicat

Elle reçoit alors un courriel de son syndicat qui changera sa vie. Depuis quelques mois, la CSN, qui représente la majorité des techniciens ambulanciers du Québec, a conclu une entente avec la maison de thérapie La vigile, à Québec.

Les ambulanciers peuvent y être traités à l'interne ou à l'externe. Les frais, qui s'élèvent à plusieurs milliers de dollars, sont payés par la CSN.

C'est une initiative du vice-président de la Fédération de la santé et des services sociaux de la CSN, l'ambulancier Dany Lacasse. Voilà 10 ans, son collègue Éric Charbonneau s'est suicidé. Il a alors pris conscience du manque de soutien aux ambulanciers en détresse.

Dany Lacasse a donc créé le Fonds Éric Charbonneau, en souvenir de son collègue. Les syndicats d'ambulanciers affiliés à la CSN peuvent contribuer à ce fonds à même les cotisations syndicales. C'est le Fonds Éric Charbonneau qui a payé le séjour de Josée Bouchard à la maison La vigile. Elle y est restée six semaines.

Pas nécessaire, selon l'employeur

La CSN demande aux entreprises ambulancières de contribuer au Fonds Éric Charbonneau.

La Corporation des services d'ambulance du Québec (CSAQ), qui représente les entreprises ambulancières, juge que ce n'est pas nécessaire. Le programme d'aide aux employés est amplement suffisant, selon la directrice en santé et sécurité au travail à la CSAQ, Gina Harvey.

Des indemnisations difficiles à obtenir

À l'occasion, la Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité au travail (CNESST) peut indemniser des travailleurs à la suite d'un choc post-traumatique.

La démarche est toutefois laborieuse. Le travailleur doit avoir été victime directe d'un événement. L'état de stress post-traumatique se développe au fils des années, à la suite de plusieurs événements traumatisants. Dans certains cas, la CNESST peut reconnaître une lésion psychologique reliée au stress chronique au travail.

« L'ensemble des événements doit dépasser le cadre normal, habituel et prévisible du travail », selon la porte-parole de la commission, Geneviève Trudel.

Le travailleur doit identifier spécifiquement les événements en cause et déposer sa réclamation dans un délai de six mois. C'est une démonstration laborieuse qui mène souvent à un refus de la CNESST, selon Dany Lacasse de la CSN.

Josée Bouchard n'a pas l'énergie pour affronter la CNESST. Quant au programme d'aide aux employés, il ne fut d'aucune aide.

C'est grâce à l'entente entre la CSN et la maison La vigile que Josée Bouchard peut maintenant surmonter son état de stress post-traumatique.

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