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La découverte d'une « Raspoutine » près de la présidente ébranle la Corée du Sud

Des milliers de Sud-Coréens ont manifesté samedi à Séoul pour réclamer la démission de la présidente Park Geun-hye, prise dans un scandale de trafic d'influence et d'ingérence impliquant une de ses amies qui, croient certains, la manipulerait comme une marionnette. Des médias la comparent même à Raspoutine.

Les procureurs ont ouvert une enquête pour déterminer si cette dernière, Choi Soon-sil, avait bénéficié d'appui dans l'entourage de la présidente pour peser sur la marche de l'État et se procurer des avantages financiers indus.

Samedi, ils étaient 8000, selon la police, et 30 000, selon les organisateurs, un collectif de gauche, à réclamer la démission de la présidente, dont le taux de satisfaction a atteint un creux sans précédent de seulement 14 %.

Ils estiment que Park Geun-hye, élue en décembre 2012 pour un mandat unique de cinq ans, a trahi la confiance de la population et n'a plus de légitimité pour exercer son mandat, un avis partagé par 40 % environ des Coréens, selon un récent sondage.

Des policiers en tenue antiémeutes ont pris position autour de la Maison-Bleue, siège de la présidence.

Tard vendredi soir, les services de la présidence ont annoncé que Mme Park avait ordonné à plusieurs hauts responsables de son cabinet de lui remettre leur démission et qu'elle travaillait à un remaniement.

Selon l'agence de presse Yonhap, deux assistants de Mme Park sont soupçonnés d'avoir permis à Choi Soon-sil d'avoir accès à des projets de discours de la présidente et de l'avoir aidé à créer deux fondations financées par des conglomérats et dotées d'environ 50 milliards de wons [environ 58 millions de dollars canadiens] dont l'amie de la présidente a bénéficié par la suite.

Dans une entrevue accordée jeudi d'Allemagne, où elle séjourne, Mme Choi a reconnu avoir lu et modifié des discours de Park au début de son quinquennat, mais a rejeté toutes les allégations d'ingérence dans les affaires de l'État.

Choi Soon-sil est la fille d'un mystérieux pasteur qui a été le mentor de Mme Park, Choi Tae-min. Une communication de l'ambassade américaine qui a fait l'objet d'une fuite le décrit toutefois comme le dirigeant d'une « secte chamanique ». Il est décédé en 1994, et sa fille aurait hérité de sa position et de son influence.

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