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La diplomatie canadienne au Mexique sur le banc des accusés

Un groupe mexicain de défenseurs des droits de la personne est en visite au pays pour déposer une plainte au Commissaire à l'intégrité du secteur public. Cette plainte soutient que l'ambassade du Canada était impliquée dans les activités passées de la société minière Blackfire Exploration dans la région du Chiapas au Mexique qui compte 3 millions d'Autochtones.

Ils réclament une enquête « complète et impartiale » entourant le soutien de l’ambassade à la société minière au moment de manifestations contre les violations des droits environnementaux et des droits de la personne de Blackfire, qui ont mené au meurtre de Mariano Abarca en 2009.

Le militant, qui critiquait sévèrement les pratiques environnementales d’entreprises minières canadiennes au Mexique, avait été abattu par un tireur en motocyclette dans la ville de Chicomuselo, près de la frontière avec le Guatemala.

Michaëlle Jean, la gouverneure générale du Canada à l’époque, avait alors affirmé que le meurtre de M. Abarca était « inexcusable et déplorable ».

« Les activités diplomatiques comme celle du Canada au Mexique doivent prendre en considération le contexte socio-économique dans lequel ils opèrent », a présenté en conférence de presse Miguel Angel de los Santos, avocat pour la famille Abarca.

Comme les ambassades sont présentes pour faciliter les relations entre les entreprises et les gouvernements locaux, parfois en faisant pression sur eux, et que ceux-ci sont facilement impressionnés par des missions d’une telle importance, l’avocat croit que cela influence ces gouvernements qui ont « moins de considérations pour les droits de la personne » à agir.

« Ces gouvernements sont facilement persuadés par une mission diplomatique comme le Canada et ils la prennent très au sérieux. Pour cela, nous pensons que l’appui du Canada à l’entreprise Blackfire auprès des gouvernements locaux [en 2009] a fait augmenter le risque pour Mariana Abarca, ce qui a mené ultimement à son assassinat », a affirmé M. de los Santos.

La délégation du Chiapas, qui inclut le fils de M. Abarca, soutient que l’ambassade canadienne au Mexique a joué un rôle essentiel dans la mise en exploitation de la mine de Blackfire et pour influencer ultérieurement les responsables afin qu’ils répriment les manifestations au sein desquelles M. Abarca jouait un rôle prépondérant.

Ils souhaitent présenter pour appuyer leurs propos des documents démontrant les relations étroites entre le Canada et les gouvernements locaux du Chiapas, notamment par des rencontres en personne et des échanges de courriels avec le gouverneur de l’État de l’époque.

Pour eux, cela démontre le grand intérêt qu’avait alors l’ambassade à vouloir régler la situation à la mine Blackfire.

Au total, le ministère des Ressources naturelles du Canada chiffre la valeur des actifs miniers canadiens à l’étranger à près de 171 milliards de dollars en 2015, l’Amérique latine représentant 52 % de ces actifs.

D’après un rapport de 2016 sur la criminalisation et la violence dans des conflits avec des entreprises minières canadiennes en Amérique intitulé « La marque Canada » du groupe Projet Justice et Responsabilité des entreprises, le Mexique est un des endroits les plus dangereux pour les défenseurs de la terre et de l’environnement.

Selon le rapport, les communautés affectées ont été victimes d’extorsion, de déplacements forcés et d’actes de terrorisme de la part du crime organisé et de l’État, par le biais des forces armées.

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