S'il faut retenir quelque chose du troisième débat républicain, hier soir, ce n'est peut-être pas l'identité du gagnant, mais plutôt celle du perdant, Jeb Bush. Un candidat qu'on voyait invincible au début de l'été. Un candidat dont on discute de plus en plus ouvertement le départ.

Un texte de Yanik Dumont Baron correspondant à Washington  

Le fils et frère d'anciens présidents a beaucoup pour lui : de grosses réserves financières pour faire campagne, l'expérience qui vient avec le rôle de gouverneur de la Floride, un réseau de conseillers qui a suivi sa famille à la Maison-Blanche. Ce sont peut-être des ingrédients de qualité, mais la sauce ne prend pas.

Jeb Bush est sous la barre des 10 % d'appuis. Il n'arrive pas à se faire remarquer, à se faire apprécier des électeurs. Oui, la substance est importante. Et ses idées sont riches en détails. Mais dans cette joute politique version 21e siècle, il faut aussi savoir se faire aimer. Faire sourire.

Jeb Bush a bien tenté de « connecter » avec les électeurs lors du débat. Il a vanté ses choix dans un pool de football américain. Mais le commentaire est vite tombé à plat. Récupéré par l'adversaire Chris Christie. « Nous avons 19 billions de dette. Nous avons des gens qui n'ont pas de travail. Le groupe armé État islamique et Al-Qaïda nous attaquent, et on parle de « fantasy football? » a-t-il lancé, incrédule. La foule l'a applaudi.

Plus tôt dans le débat, Bush avait déjà été éclipsé une fois par un adversaire. Pas n'importe lequel; son ancien protégé Marco Rubio. Bush a critiqué ses absences lors des votes au Sénat. Compréhensible, a répondu Rubio. D'autres candidats à la présidence ont fait pire que lui. Puis, Rubio a enfoncé le clou : il a reproché à Bush d'être opportuniste, d'avoir lancé une attaque personnelle pour sauver sa campagne. Rubio s'est placé au-dessus de tout ça, disant faire campagne POUR quelque chose plutôt que CONTRE quelqu'un.

Même l'ambassadeur de France aux États-Unis s'est permis de critiquer Jeb Bush. Gérard Araud n'a pas apprécié son allusion à la paresse des travailleurs français.

En coulisse, on relevait déjà les problèmes de la candidature de Bush. Dans les heures qui ont suivi le débat, le bruit s'est amplifié. Certains parlent ouvertement de la fin de la campagne de Jeb Bush, et discutent du meilleur moment pour lancer la serviette. Avant les premiers votes? Après les primaires de mars?

Serait-ce la fin des ambitions de la dynastie qui rêve d'un troisième Bush installé au 1600 Pennsylvania avenue? Il est sûrement encore trop tôt pour le déclarer. Mais Jeb Bush n'a rassuré aucun de ces inquiets avec sa dernière performance. Ces inquiets, ce sont ceux qui font rouler sa campagne. Les bénévoles et les donateurs. Des gens qui pourraient bientôt décider de changer de bateau.

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