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La Fédération des femmes du Québec craint pour sa survie

La présidente de la Fédération, Mélanie Sarazin, a interpellé dimanche les deux ordres de gouvernement, leur demandant d'assurer un minimum de financement.

Le gouvernement de Stephen Harper avait coupé 250 000 $ en financement à l'organisme au début des années 2000. Le gouvernement provincial, pour sa part, ne verse que 75 000 $ à la Fédération au moyen du Secrétariat à l'action communautaire autonome et aux initiatives sociales.

La Fédération a dû mettre à pied deux de ses quatre travailleuses au début de l'automne, alors qu'elle en comptait sept permanentes en 2011, selon un communiqué de l'organisme.

« Depuis cinq ou six ans, le financement rentre de moins en moins, donc on coupe les postes. Mais ça fait qu'on a moins de travailleuses qui peuvent aller chercher du financement. On arrive devant une situation vraiment catastrophique pour la Fédération », a précisé Mme Sarazin.

Selon Mélanie Sarazin, le système de financement actuel du gouvernement exige aux organismes de créer des projets sur des périodes courtes.

« Pour nous, l'atteinte de l'égalité et de la justice sociale ne se fait pas sur six [mois], un an, ou deux ans. Donc, l'idée, c'est d'essayer de revenir à un financement qui va plus au niveau du fonctionnement de base », a soutenu Mme Sarazin en entrevue avec Radio-Canada.

Mme Sarazin rappelle que la Fédération, créée en 1966 par Thérèse Casgrain, a mené de grandes luttes au cours des cinquante dernières années et souhaite poursuivre son engagement pour au moins encore cinquante ans.

Parmi ses anciennes présidentes, on compte la députée de Québec solidaire, Françoise David, l'ancienne députée du Parti québécois, Céline Signori, et l'ex-députée bloquiste Vivian Barbot.

Dimanche, plusieurs personnalités des milieux féministe, communautaire, syndical et universitaire ont donné leur appui à la Fédération.

Françoise David a exprimé sa profonde inquiétude à l'égard de la situation de la Fédération des femmes du Québec et a appelé le gouvernement du Québec à agir.

« Mon message au gouvernement québécois, qui nous dit toujours qu'il veut appuyer les luttes des femmes, est que "si vous êtes sérieux, messieurs, mesdames du gouvernement libéral, et bien il faut aider la Fédération des femmes du Québec à sortir de ce mauvais pas" », a dit la députée en entrevue téléphonique, en marge du Conseil national de Québec solidaire.

C'est quand même invraisemblable qu'après des dizaines d'années d'existence, cette fédération en soit rendue à mettre à pied 80 pour cent de son personnel, et connaisse un affaiblissement important alors que les femmes ne cessent de dire que l'égalité n'est pas atteinte, notamment en matière de violences, d'agressions sexuelles, en matière de revenus aussi

Françoise David, député de Québec Solidaire

À l'occasion de son 50e anniversaire, la Fédération lancera une campagne de socio-financement entre les 12 et 31 décembre dans l'espoir d'amasser 10 000 $ afin de pouvoir boucler son année financière.

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