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La fin de Pospisil, des Canadiens et de Wawrinka à la Coupe Rogers

Encore loin des bagarres épiques entre Roger Federer et Rafael Nadal ou entre Novak Djokovic et ce même Nadal, une belle rivalité se dessine entre Vasek Pospisil et John Isner.

Un texte de Manon Gilbert

Mercredi soir, à la Coupe Rogers, les deux géants en ont décousu pour la seconde fois en une semaine. Et, encore une fois, l'avantage a tourné du côté de l'Américain qui l'a emporté 7-6 (7/1), 4-6 et 6-3 pour mener maintenant leurs confrontations, dont quatre ont suscité trois manches, 3-2.

Malgré la défaite, qui aurait dit en début de tournoi que Pospisil serait le dernier Canadien en lice en simple?

« Ce n'était pas une pression supplémentaire. J'en avais assez déjà. Mais j'aime cette sorte de pression. Il faut regarder le positif. Je joue du bon tennis, a affirmé le Britanno-Colombien. Oui, je suis déçu. C'est difficile. Il jouait bien, il servait bien. C'est juste quelques points ici et là qui ont fait la différence. »

Toujours ragaillardi par une présence en sol montréalais, le demi-finaliste de la Coupe Rogers en 2013 a offert du tennis digne bien plus d'un top 20 mondial que d'un 45e... avec l'aide d'une foule bruyante gagnée à sa cause.

Nul doute que ses qualités de joueur de premier plan en double le servent de mieux en mieux en simple... comme cette volée de dos frappée en pleine course au huitième jeu de la deuxième manche.

Beaucoup plus mobile que la 16e tête de série, Pospisil a offert un jeu plus varié en parsemant les échanges de fond de terrain de montées au filet et de quelques amortis.

Brisé d'entrée de jeu, Pospisil n'a pas ruminé longtemps son insuccès.

Dès le quatrième jeu, le joueur de 25 ans a ramené l'Américain à la case départ en convertissant sa deuxième balle de bris grâce à une balle profonde au corps qu'Isner a presque propulsée dans les gradins.

Mais pendant qu'Isner alignait les as au bris d'égalité, Pospisil a multiplié les erreurs avec le résultat que l'on connaît.

Une foule en haleine

Encore une fois, le quart de finaliste à Wimbledon a vite mis cette mauvaise séquence derrière lui. Dès l'amorce de la deuxième manche, il s'est emparé du bris... et de l'avance qu'il n'a plus jamais cédée.

Pospisil a tenu son bout jusqu'à mi-chemin de la troisième manche. Mais, au sixième jeu, il a ouvert la porte à l'homme de 2,08 m (6 pi 10 po) avec une sixième double faute et deux coups droits trop longs. Résultat : 4-2 Isner.

Fidèle à son habitude, Pospisil n'a jamais lâché prise. Dès le jeu suivant, il a soulevé la foule en se procurant trois balles de bris. Mais Isner a scellé l'issue du jeu avec deux as consécutifs.

L'Américain a bien failli enchaîner avec un second bris de suite, mais Pospisil a sauvé quatre balles de match et a fermé la porte cette fois, lui aussi avec un as, son neuvième et dernier.

À court de munitions devant la machine à as (15 au total) qu'est Isner, Pospisil a rendu les armes après 2 h 3 min en retournant un coup droit croisé dans le filet.

« Je n'ai pas très bien servi. C'était bien pour lui parce qu'il a eu plus de temps pour retourner, a expliqué le natif de Vernon. Mais c'est normal d'avoir quelques hauts et bas dans un match très disputé. [...] C'est un jeu d'échecs avec Isner. On ne sait jamais où va aller son service et tu dois deviner. »

Par ailleurs, dans le tableau de double, le Canadien Daniel Nestor et son équipier français Édouard Roger-Vasselin ont entamé la compétition avec un gain de 6-3, 5-7 et 10-5 sur l'Uruguayen Pablo Cuevas et l'Espagnol David Marrero

Kyrgios insulte Wawrinka

Isner rencontrera maintenant la jeune sensation Nick Kyrgios.

Le coloré Australien était en voie de venger son échec contre le Suisse Stan Wawrinka à Queen's en juin lorsque la 3e tête de série a jeté l'éponge à cause d'une blessure au dos. Kyrgios menait alors 6-7 (8/10), 6-3 et 4-0.

Si le duel entre les deux puissants cogneurs a donné lieu à de solides échanges, il a aussi été le théâtre de propos déplacés de l'Australien, reconnu pour ne pas avoir la langue dans sa poche.

« (Thanasi) Kokkinakis a couché avec ta blonde. Désolé de te dire ça. »

Sur le moment, le 5e joueur mondial n'a pas entendu les propos de son adversaire, mais ceux-ci, captés par les micros de la télévision, lui ont été rapportés après la rencontre.

« J'espère que l'ATP va prendre de grosses sanctions contre lui. Il est jeune, peut-être, mais il n'y a aucune excuse », a réagi Wawrinka, très en colère à la fin du match.

Faut croire qu'il n'y a pas qu'au hockey qu'on insulte l'adversaire. Une vidéo parue sur Vine a été retirée en milieu de matinée pour des questions de droits. Voici tout de même un extrait des propos tenus par Kyrgios.

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