L'heure des coûteuses cartouches d'encre a peut-être sonné : en lançant sa nouvelle gamme d'imprimantes, Epson entend révolutionner un marché nord-américain de plus de 50 milliards de dollars canadiens.

Le fabricant annonce l'arrivée de sa nouvelle gamme EcoTank comme un changement de paradigme : désormais, les usagers pourront se passer du système de cartouches en remplissant les réservoirs d'encre avec des bidons de recharge.

Depuis des années, les vendeurs d'imprimantes offrent des modèles à petit prix, mais tentent de garder les consommateurs captifs avec des systèmes de cartouches d'encre compatibles avec un seul modèle.

Le coût prohibitif de ces cartouches a même créé une demande pour des cartouches dites contrefaites, réutilisables dans certains cas, mais surtout beaucoup moins chères.

Peu importe leur provenance, ces cartouches à la durée de vie limitée, source non négligeable de pollution, viennent parfois avec leur lot de problèmes techniques : têtes obstruées, cartouches encore pleines détectées comme vides, ou qui cessent de fonctionner sans raison, autant de tentations pour le consommateur de jeter l'appareil par la fenêtre, et d'en acheter un neuf, à petit prix.

Et de se demander, dans son désarroi, si ce n'est pas exactement ce que le fabricant désire.

La fin de l'obsolescence programmée?

À l'heure où la France prend les grands moyens pour bannir les techniques utilisées par les manufacturiers pour réduire la durée de vie des produits, Espon tente de renverser le modèle d'affaire des fabricants d'imprimantes pour les particuliers et les petites entreprises.

Au lieu de vendre ses appareils à prix plancher et de miser sur les profits de la vente d'encre, Epson fait le pari inverse : le prix des modèles d'entrée de gamme Ecotank tourne autour de 500 $ canadiens, livrés avec des réservoirs suffisamment remplis pour environ deux ans d'utilisation. Le plus gros modèle se vendra autour de 1600 $.

Le fabricant promet toutefois des économies à long terme. Les bouteilles d'encre coûteront 20 $ l'unité, ou 70 $ pour un jeu complet.

À titre de comparaison, une imprimante domestique standard requiert approximativement 20 jeux de cartouches pour imprimer le même nombre de pages qu'avec les réservoirs de l'EcoTank. Le calcul de la rentabilité du concept devra se faire selon l'utilisation de chacun, d'autant plus que les prix des cartouches varient selon les modèles et leur provenance.

Dans son communiqué présentant la gamme, Espon ne dit pas si un service de réparation sera offert pour les imprimantes conçues pour durer plus longtemps. On peut supposer que si la demande fait son apparition, des compagnies tierces se lanceront dans ce genre d'entreprise.

Si les économies ne sont pas garanties pour tous, l'initiative sera sans doute bien accueillie, ne serait-ce qu'en ce qui concerne la réduction de déchets en perspective, ou du moins pour sa promesse de tranquillité d'esprit vis-à-vis d'un appareil avec lequel plusieurs entretiennent un rapport amour-haine.

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