Devant l'horreur, nous sommes démunis. Nous sommes choqués, nous sommes en colère, nous sommes révoltés, mais nous devons relever la tête et affirmer haut et fort que nous ne voulons pas de ce monde de violence et de haine. Face à l'exclusion, il faut offrir l'ouverture. Face au rejet, il faut proposer l'accueil. Et devant la violence, il faut réclamer, sans relâche, la paix.

Un texte de Gérald Fillion

C’est le message que plusieurs portent aujourd’hui, au lendemain de l’attentat terroriste de Québec survenu dimanche soir. Ce message rejoint celui qui est porté depuis samedi par de nombreux entrepreneurs et dirigeants au Québec, au Canada, aux États-Unis et ailleurs dans le monde, en réponse à l’interdiction d’entrée aux États-Unis annoncée par le président Trump vendredi à l’endroit des citoyens de sept pays à majorité musulmane.

Dans une lettre publiée dimanche, des leaders du secteur des technologies au Canada lancent un appel à l’ouverture, en réponse au décret du président Trump : « Ensemble, nous nous opposons à la marginalisation de personnes en raison de leur lieu de naissance, de leur origine ethnique ou de leur religion. »

Au moment de la publication, 150 dirigeants avaient signé le document. Environ 24 heures plus tard, il y avait plus de 1750 signatures, d’une multitude de petites et grandes entreprises, des gens de Rogers, Twitter, Shopify et Sid Lee, ainsi que LP Maurice de Busbud et Jean-François Gagné d’Element AI.

« La communauté technologique canadienne est constituée d’individus dont les nationalités, les religions, les orientations sexuelles, les identités de genre, les aptitudes mentales et physiques, et les points de vue sont très divers, peut-on lire dans cette lettre. Nous sommes persuadés que cette diversité est à la fois une force et une chance. »

L’opposition d’Apple et de Goldman Sachs

Aux États-Unis, des compagnies se sont élevées contre le décret présidentiel, notamment Google, Facebook et Netflix. L’un des hommes les puissants aux États-Unis, le PDG de la banque Goldman Sachs, Lloyd Blankfein, a fait parvenir un message à ses employés affirmant que « ce n’est pas une politique que [la banque] soutient ». Plusieurs anciens dirigeants de Goldman Sachs font partie du Cabinet de Donald Trump.

Par ailleurs, Tim Cook, le PDG d’Apple, a rappelé que son entreprise « n’existerait pas sans l’immigration ». Il faisait ainsi référence aux talents innovants venus de partout dans le monde et qui travaillent pour Apple, mais évoquait surtout le fait que Steve Jobs, le fondateur de l’entreprise, était le fils d’un immigrant syrien. La Syrie fait partie des sept pays dont les ressortissants ne sont plus admis aux États-Unis pour les 90 prochains jours.

Le fondateur d’eBay, Pierre Omidyar, fils d'Iraniens, considère qu’il s’agit purement et simplement de « bigoterie ». L’Iran est aussi sur la liste du président Trump.

Les médias américains rapportent toutefois que plusieurs dirigeants n’ont pas voulu commenter cette décision, ne veulent pas se prononcer. Il faut dire que, vendredi, le même jour où Donald Trump annonçait les restrictions à l’entrée du pays, le président a dévoilé la composition complète d’un comité de travail sur le secteur manufacturier. Parmi les PDG qui font partie du groupe, on note la présence des grandes multinationales américaines que sont Whirlpool, GE et Lockheed Martin ainsi que Tesla, Boeing et Dell.

Dans un texte que j’écrivais plus tôt en janvier, je vous disais que plusieurs patrons se rendaient à la rencontre de Donald Trump pour tenter d’ajuster leur stratégie d’affaires, pour s’assurer d’être en phase avec les attentes jugées protectionnistes du nouveau président. Il semble assez clair que les entreprises vont tout faire pour s’adapter aux nouvelles politiques de l’administration Trump afin d'en tirer le plus grand avantage.

Mais, relativement à cet enjeu de l’immigration, des réfugiés et de l’accueil des ressortissants étrangers, on voit apparaître des fissures. Le président va loin et nombre de leaders n’hésitent pas, déjà, à exprimer leur malaise ou leur opposition. Et Donald Trump n’est en poste que depuis 10 jours.

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