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La fracturation hydraulique responsable de centaines de séismes en Alberta

Les centaines de tremblements de terre – de micro, faible ou moyenne magnitude – survenus depuis décembre 2013 dans la région de Fox Creek, au nord-ouest d'Edmonton, ont été causés par la fracturation hydraulique, selon une étude menée par des chercheurs de l'Université de Calgary.

Le tremblement de terre du 23 janvier 2015 – le plus important dans le secteur – a été l’élément déclencheur pour cette étude. « Dans les 24 heures qui ont suivi le séisme, nous y avions installé de l’équipement de surveillance de l’Université », explique le chercheur David Eaton.

La série de tremblements de terre [dans la région de Fox Creek] démontre une corrélation spatiale et temporelle claire avec la fracturation hydraulique.

extrait de l'étude

En raison de la croissance de l’activité sismique dans la région, la surveillance sismographique a été renforcée, notamment par l'installation d’un réseau de 12 stations à large bande, dont quatre d’entre elles installées par la compagnie Repsol. Les chercheurs de l’Université de Calgary ont récupéré les données générées par ces stations et les ont analysées aux fins de recherche.

Quand la Terre tremble… plus tard

Des études antérieures ont déjà démontré que la fracturation hydraulique est la cause principale de la sismicité dans l’Ouest canadien. Or, cette nouvelle étude démontre que les tremblements de terre peuvent survenir des semaines, voire des mois, après les activités de fracturation.

Dans leur recherche, Bao et Eaton observent que la majorité des événements sismiques près de Fox Creek ont eu lieu au moment de la fracturation hydraulique, et ce, à proximité des emplacements de forage. Toutefois, le séisme de janvier 2015, dont la magnitude le jour même était de 4,4, est survenu deux semaines après la fracturation hydraulique.

Ce jour-là, la terre a tremblé « dans la période post-injection », écrivent les chercheurs. Cela signifie que le séisme s’est déclenché lors de la période au cours de laquelle les fluides injectés sous terre (de l’eau et d’autres additifs) ont été partiellement récupérés.

« Il est possible, si des fluides se sont infiltrés dans une faille géologique, que l’activité sismique se poursuive sur une échelle de plusieurs mois », affirme David Eaton.

Que dit la réglementation albertaine sur les séismes et la fracturation?

En vertu de la réglementation actuelle, les sociétés qui utilisent la fracturation hydraulique comme technique d’extraction dans le secteur de Fox Creek doivent surveiller l’activité sismique dans un rayon de cinq kilomètres de leurs puits.

Si un événement sismique de magnitude supérieure ou égale à 4 est recensé, les opérations de fracturation hydraulique doivent cesser immédiatement, et la reprise des activités est conditionnelle à l’obtention d’une approbation par l’Agence de réglementation de l’énergie de l’Alberta (AER).

L’AER a commenté brièvement cette étude, affirmant que « les sismologues de l’Agence collaborent régulièrement avec les experts d’autres provinces et d’ailleurs pour comprendre pleinement les événements sismiques induits dans la région de Fox Creek ».

L'entreprise gazière Ripsol, qui a dû fermer un site d’exploitation en janvier 2016 à la suite d’un autre tremblement de terre, a de son côté affirmé que l’entreprise « appuie fortement cette recherche » et que « la sécurité et le bien-être des gens qui vivent et travaillent à proximité de leurs opérations sont la priorité ».

L’étude, intitulée Déclenchement de failles géologiques dans l’Ouest canadien par la fracturation hydraulique (Fault activation by hydraulic fracturing in western Canada), a été publiée jeudi dans le journal Science par les auteurs Xuewei Bao et David Eaton.

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