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La France avait choisi son chemin vers la deuxième étoile

ANALYSE – Terrassés, les démons de l'Euro à domicile en 2016. Les Français étaient si près, si près du but. Mais dans la vive déception, Didier Deschamps n'a jamais oublié le chemin parcouru. Un plan existait. Les Bleus devaient continuer de le suivre.

L’équipe de France n’a pas emprunté une autre voie. Elle a cherché un moyen de faire le dernier pas vers l’objectif. Aujourd’hui, elle est championne du monde.

Combien de fois, depuis qu’il est sélectionneur, Deschamps a-t-il essuyé des critiques? Trop de pragmatisme, incapacité à optimiser le potentiel de son bassin de joueurs, résultats insatisfaisants en qualifications et en préparation, alouette…

Écouter ces critiques, ç’aurait été comme dévier du plan.

La clé, pour Deschamps, était la création d’un groupe où tous tirent dans la même direction. Où la destination collective était plus importante que les arrêts que chacun voulait faire en chemin. Où l’exclusion de certains joueurs n’était qu’une occasion pour d’autres de prouver qu’ils pouvaient enrichir une équipe.

La deuxième étoile sur le maillot, coûte que coûte.

À 49 ans, Deschamps a déjà vu beaucoup de pays soulever le prestigieux trophée. Il a lui-même vécu ce moment. Et il sait quelles vertus ont le mieux servi les équipes championnes du monde. La préparation. L’organisation. L’esprit de corps.

S’il a choisi les 23 joueurs qui font maintenant la fête en Russie, c’est qu’il a cru qu’ils pouvaient, tous ensemble, faire un maximum de sacrifices les uns pour les autres. Poser ce jugement, c’est le résultat de six années de travail à la tête de l’équipe de France. Ce qui n’a pas empêché le sélectionneur de rajeunir son groupe dans les derniers mois.

La finale contre la Croatie laissait présager une poignée de duels cruciaux pour les Français : leurs jeunes latéraux contre les dangereux ailiers croates. Paul Pogba contre Ivan Rakitic. Blaise Matuidi contre Luka Modric. N’Golo Kanté contre personne et tout le monde à la fois.

Quand Benjamin Pavard, peut-être un peu nerveux, a commis des erreurs, Pogba lui est venu en aide tout en prenant soin de lui adresser quelques mots bien choisis. Quand Matuidi a dû gérer la double menace de Modric et du défenseur latéral Sime Vrsaljko, Hernandez et Kanté (puis Steven Nzonzi) ont contribué à l’effort de guerre.

Ça n’a pas été joli par moments. La France n'a pas marqué quatre buts chaque fois. Elle n'en avait pas besoin.

La France de 1998 n’a pas non plus toujours offert un jeu si éclatant. Mais on ne pourra jamais lui reprocher sa détermination et sa persévérance face aux embûches. Le sélectionneur Aimé Jacquet a subi de telles critiques qu’il a été le seul membre de l’équipe à refuser une entrevue pour un numéro anniversaire du journal L’Équipe, ce printemps.

Mais ils n’ont jamais dévié du plan. Et ils seront toujours les champions du monde qui ont montré l'exemple à cette génération-ci.

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