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La France déclare la guerre aux pickpockets parisiens

Jusqu'à 26 000 policiers ont été déployés cet été sur les lieux touristiques de Paris dans le but de combattre le fléau de pickpockets. Aux prises depuis quelques années avec des réseaux très organisés venant des pays d'Europe de l'Est, la France a fait de la lutte contre les pickpockets une de ses priorités.

L'objectif est d'attraper les malfaiteurs la main dans le sac. Toutefois, ceux-ci sont rusés et travaillent discrètement. Les policiers doivent donc toujours adapter leurs interventions et méthodes de surveillance.

« En général, ce sont des délinquants d'habitude [qui] vivent de cette activité, explique Muriel Sobry, commissaire du 8e arrondissement de Paris. Ils se spécialisent, ils s'adaptent [...] à leur environnement. Ils s'adaptent aussi à l'activité et à la détection policière ». « Ce sont des voleurs chevronnés », généralise-t-elle.

Plusieurs membres de la brigade anticriminalité travaillent incognito pour ne pas être repérés par les pickpockets. « Le but, c'est d'être vraiment comme les usagers [du métro] et de ne pas ressembler à un policier en civil. Leur but [aux pickpockets], c'est de se fondre dans la masse. Nous aussi. Ce sera à celui qui le repérera le premier », résume le lieutenant Joffrey Le Bon.

Un des trucs les plus fréquemment utilisés par les voleurs est celui de faire signer une fausse pétition aux touristes peu méfiants. Alors que l'attention de la victime est détournée par un des pickpockets, les complices en profitent pour mettre la main dans ses poches et tout prendre. Comme c'est souvent le cas, la victime ne s'aperçoit de rien.

Les policiers saisissent régulièrement ces fausses pétitions, mais les voleurs sont souvent relâchés, puisqu'ils sont généralement des mineurs et qu'ils sont rarement accusés.

Gare aux voleurs dans le métro

Le métro est le terrain privilégié des pickpockets. Ils utilisent souvent les escaliers roulants pour faire les poches de leurs victimes. Quelques complices provoquent une bousculade qui permet de distraire leur victime, révèle le policier Sébastien Cueille.

La patrouille du métro est confiée à une équipe spécialisée, la Brigade des réseaux ferrés (BRF).

Des agents du centre de contrôle repèrent sur les caméras surveillance les personnes avec un comportement suspect. Les policiers de la BRF sont dépêchés sur place pour prendre le voleur sur le fait et procéder à son arrestation.

Les agents de la BRF suivent de loin leur suspect, opèrent sans radio et communiquent avec le centre de coordination par téléphone, pour éviter de se faire repérer.

« On ne croise jamais les yeux d'un voleur. On regarde vraiment ses mains parce que ce sont ses mains qui travaillent », précise Ismïla Sarr, un gardien de la paix.

Si l'extrême discrétion et un oeil exercé permettent aux milliers d'agents de la BRF de freiner le fléau du vol à la tire en France, la vigilance des usagers demeure probablement leur meilleure protection contre la subtilisation de leur porte-monnaie.

D'après un reportage de Jean-François Bélanger

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