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La fréquence des inondations pourrait doubler dès 2030

De nombreuses régions côtières, dont Terre-Neuve et la Nouvelle-Écosse, pourraient être frappées par deux fois plus d'inondations d'ici 2030. La raison? La montée du niveau de la mer accentuerait la dangerosité des grandes vagues et des ondes de tempête, selon des chercheurs américains.

Un texte d'Antoine Aubert

Le constat a été énoncé voilà déjà plusieurs années : le réchauffement climatique et la fonte des glaces qui en découle provoquent une hausse progressive du niveau de la mer.

Estimée actuellement à 3 ou 4 millimètres par an, celle-ci pourrait atteindre entre 30 centimètres et 2 mètres d’ici 2100, selon des chercheurs dans une étude publiée récemment dans le Scientific Reports.

Les six scientifiques spécialisés dans la géologie et l’océanographie et dirigés par Sean Vitousek, professeur à l’Université de l’Illinois à Chicago, se sont surtout intéressés à un aspect méconnu de cette lente évolution : son influence sur des phénomènes comme les hautes vagues et les tempêtes. Lorsqu’elles se combinent, ces fluctuations exceptionnelles sont souvent à l’origine des inondations sur les zones côtières.

Cinq centimètres suffiraient

Pourraient-elles faire encore plus souvent des dégâts, poussées par la montée du niveau de la mer? Selon l’équipe de chercheurs, la réponse est indéniablement oui.

« De faibles montées du niveau de la mer, soit de 5 à 10 centimètres, pourraient plus que doubler la fréquence d’événements liés à des niveaux de l’eau extrêmes dans les tropiques dès 2030 », écrivent les chercheurs. En clair, en s’élevant, la mer permettrait aux grandes vagues d’atteindre les zones habitées plus facilement.

Ces travaux pourraient faire date. C’est la première étude à inclure l’influence des vagues sur la fréquence des inondations, a indiqué Glenn Milne en entrevue à Radio-Canada. Au cours des dernières années, ce chercheur du Département des sciences de la Terre et de l’environnement à l’Université d’Ottawa a participé à l’élaboration de plusieurs travaux portant sur la fonte des glaces et sur le niveau des mers.

Les conclusions apparaissent d’autant plus inquiétantes qu’elles impliquent des conséquences dramatiques pour certains lieux situés dans des zones tropicales, notamment les îles à basse altitude, mais aussi pour de grandes villes particulièrement exposées comme Mumbai, en Inde, ou encore Abidjan, en Côte d’Ivoire.

Outre les régions situées entre les tropiques du Cancer et du Capricorne, d’autres zones seraient menacées. Dès que la montée des eaux atteindra 10 centimètres, les risques d’inondations causées par des phénomènes comme les grandes vagues pourraient doubler sur la côte ouest américaine. Des métropoles comme San Francisco, Vancouver et Los Angeles seraient ainsi touchées.

Il n’existe aucune autre option

Les mêmes estimations concernent Terre-Neuve et la Nouvelle-Écosse. Le danger semble d’autant plus grand pour ces régions que la terre s’y affaisse. « Donc le seuil des 10 centimètres causant le doublement de la fréquence d’événements extrêmes serait atteint plus rapidement », observe Glenn Milne.

Dans un article publié par le quotidien britannique The Guardian, Sean Vitousek parle d’un phénomène « vraisemblablement inévitable ». Il n’existe aucune solution à cela, ajoute celui qui a travaillé sur différentes études sur l’influence des vagues et la vulnérabilité des côtes, notamment à Hawaï.

Selon Glenn Milne, devant une telle situation, il est prioritaire d’améliorer les défenses côtières. « Je m’attends à ce que plus de fonds soient débloqués pour la gestion et la protection dans des zones où les inondations sont les plus fréquentes », déclare-t-il.

À plus long terme, selon lui, c’est évidemment la réduction des émissions de gaz à effets de serre qui constitue la manière la plus efficace pour limiter les dégâts.

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