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La FSSS rejette l'entente de principe en raison d'une offre salariale trop modeste

La Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN) rejette l'entente de principe conclue entre Québec et les grands syndicats membres du Front commun. Au total, 73 % des organisations affiliées au syndicat ont rejeté l'accord intervenu à la mi-décembre. Le président du Conseil du Trésor, Sam Hamad, ne montre cependant aucun signe qu'il pourrait bonifier son offre.

La décision du plus important syndicat du réseau de la santé et des services sociaux porte à plus de 160 000 le nombre d'employés de l'État qui n'ont toujours pas de nouveau contrat de travail, soit 30 % de l'effectif.

Selon le président de la FSSS, Jeff Begley, c'est principalement l'offre salariale du gouvernement qui a entraîné le rejet de l'entente. En entrevue à ICI Radio-Canada vendredi matin, il a expliqué que 40 % d'un groupe de 27 000 syndiqués, soit 10 200 travailleurs et travailleuses, n'auraient obtenu que de « très modestes » augmentations de 6,3 % en cinq ans, ce qui est « bien en bas » du taux d'inflation projeté.

« Le coût de la vie va continuer à augmenter plus que ça », souligne-t-il, en expliquant que l'acceptation de l'entente aurait perpétué l'appauvrissement de nombreux syndiqués. Selon lui, l'inflation a déjà progressé de 30 % de plus que les salaires de 2003 à 2015.

La FSSS entend maintenant déployer des « moyens de visibilité » que M. Begley qualifie de « très créatifs », non seulement pour maintenir la pression sur le gouvernement, mais aussi pour faire savoir au public que les négociations avec Québec sont loin d'être réglées et leur expliquer les raisons de ce rejet.

Le syndicat demande aussi la conciliation pour relancer la négociation.

M. Begley dit souhaiter un changement d'attitude de la part du nouveau président du Conseil du Trésor, Sam Hamad, qui se montre intransigeant quant à la possibilité de bonifier l'offre gouvernementale.

Début février, ce dernier a déclaré à l'intention des employés de l'État qui n'ont pas accepté l'entente de principe qu'il n'y mettrait « pas une cenne de plus par rapport à ce qu'on a donné à d'autres ».

Le président de la FSSS assure avoir bien fait comprendre à ses membres qu'il y a tout de même une « possibilité » que Québec adopte une loi spéciale afin d'imposer les conditions de travail de ses membres. « Pour nous, ce n'est pas automatique. Il y a moyen de l'éviter avec un minimum de bonne foi », estime-t-il.

M. Hamad aurait d'autant plus intérêt à négocier que le « moral est très bas » dans le réseau de la santé et des services sociaux, ajoute M. Begley, en évoquant les bouleversements engendrés par le projet de loi 10 et les « réorganisations qui n'en finissent plus ».

« Moi, je pense que le gouvernement a intérêt à s'asseoir pour trouver des solutions aux plus grands irritants », affirme M. Begley.

Le rejet de l'entente par la plus grande organisation syndicale du secteur de la santé et des services sociaux n'est pas une surprise : réunis à Laval le 23 décembre dernier, quelque 600 délégués de la FSSS avaient rejeté l'entente de principe, malgré la recommandation du Front commun intersyndical de l'accepter, et avaient invité les membres à la rejeter à leur tour.

La FSSS représente 110 000 membres, dont des infirmières, des préposés aux bénéficiaires, des employés de soutien, des employés de bureau, des travailleurs sociaux, des psychologues et des physiothérapeutes. Cela représente plus du quart des 400 000 syndiqués représentés par le Front commun intersyndical, constitué notamment par la CSN, la FTQ, le SISP, la CSQ et le SFPQ.

La Fédération autonome de l'enseignement (FAE), qui représente 34 000 membres, et le Syndicat des professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ), qui en représente 17 000, n'ont toujours pas conclu d'entente avec le gouvernement non plus.

Déçu, Hamad invite les syndiqués à « reconsidérer » l'offre

Le président du Conseil du trésor, Sam Hamad, a réagi à l'annonce du FSSS par voie de communiqué. Il dit être « déçu » du rejet de l'entente de principe et invite la FSSS, tout comme la FAE, à reconsidérer l'offre du gouvernement.

« J'invite [...] la FSSS à faire preuve de bonne foi en reconsidérant l'offre formulée par le gouvernement. J'espère que le président de la CSN saura convaincre la FSSS de saisir cette occasion », souligne-t-il, en évoquant l'offre « bonifiée » soumise au Front commun en décembre, et la « bonne foi » du gouvernement.

Il demande aussi au président de la FAE, Sylvain Mallette, de réfléchir à la position de son syndicat pendant la fin de semaine.

« L'équité est un principe très important dans cette négociation. Il n'est pas question de donner davantage à un groupe qu'à un autre » indique M. Hamad. Les négociations ont également été menées avec le souci de respecter la capacité de payer des citoyens et avec l'objectif de ne pas compromettre l'atteinte de l'équilibre budgétaire.

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