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La gauche polonaise à la croisée des chemins 

La gauche polonaise, dispersée et en état de crise profonde depuis dix ans, joue sa survie au parlement lors des législatives de dimanche, avec un changement de génération et des promesses de revenir à ses valeurs traditionnelles.

« Ces élections sont une chance pour la gauche de jouer à nouveau un rôle important sur la scène politique polonaise », déclare à l'AFP Maciej Gdula, sociologue de l'Université de Varsovie.

« Dans le meilleur des cas, on aura deux formations de gauche au prochain parlement, et dans le pire, aucune », estime-t-il.

Dans ce dernier cas, « ce serait le premier parlement depuis la chute de communisme en 1989 sans la gauche », confirme Eryk Mistewicz, spécialiste en marketing politique.

Revenue au pouvoir au début des années 2000, la gauche postcommuniste polonaise s'est compromise dans une série de scandales de corruption et fut réduite à l'opposition par la droite conservatrice, victorieuse des législatives en 2005, grâce notamment à son programme populiste.

Les plus grandes chances de siéger dans le nouveau parlement sont celles de la Gauche unifiée (ZL), une alliance électorale créée il y a à peine quelques mois entre le parti postcommuniste SLD reconverti en social-démocrate, le mouvement anticlérical Twoj Ruch, les Verts et quelques autres petites formations de gauche.

A sa tête, une nouvelle venue, Barbara Nowacka, 40 ans, militante socialiste modérée, prônant les valeurs traditionnelles de gauche, tant sur le plan social et économique que politique.

« Sa désignation à la tête de la ZL était un excellent choix », estime Agata Szczesniak, sociologue et commentatrice politique. « Elle est concrète, travailleuse, simple et modérée, ce que les Polonais aiment », ajoute-t-elle.

« C'est une bête médiatique. Les médias l'adorent », ajoute M. Mistewicz.

La tâche reste néanmoins difficile pour la Gauche unifiée qui, en tant qu'alliance électorale, doit franchir le seuil d'éligibilité de 8 % des voix. Les partis ne doivent convaincre, quant à eux, que 5 % des électeurs pour siéger dans l'hémicycle. Or les derniers sondages donnent la ZL entre 7 et 12 %.

En revanche, à moins d'une grande surprise, les chances d'entrer au parlement sont minimes pour une nouvelle formation de gauche créée cette année, Ensemble (Razem) : les sondages la créditent de 1 % à 3,5 % des voix.

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