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La justice française ouvre une enquête sur un ministre de Macron

La justice française a ouvert une enquête préliminaire sur les activités immobilières de Richard Ferrand, un ministre proche du président français Emmanuel Macron. L'enquête ouverte par le parquet de Brest intervient le jour même de la présentation d'une loi sur la moralisation de l'éthique politique promise par le chef de l'État.

L’enquête « aura pour but de recueillir tout élément permettant une analyse complète des faits et de rechercher si ceux-ci sont susceptibles ou non de constituer une infraction pénale en matière d'atteintes aux biens, de manquements au devoir de probité et aux règles spécifiques du code de la mutualité », a indiqué le procureur de la République Éric Mathais.

Le ministre de la Cohésion des territoires est accusé d'avoir permis à la société civile immobilière (SCI) de sa conjointe, Sandrine Doucen, d’emporter un marché immobilier en 2011 lors de la location d'un local commercial par les Mutuelles de Bretagne, dont il était le directeur général (1998-2012).

Or, cette SCI n'existait pas encore légalement et n'était pas propriétaire des surfaces proposées lors de l’attribution du marché.

L'association anticorruption Anticor a porté plainte à Brest contre M. Ferrand pour délit d'abus de confiance dans l'affaire immobilière. La plainte d'Anticor vise « Richard Ferrand, mais également les membres du conseil d'administration des Mutuelles de Bretagne [qu'il dirigeait à l’époque] ainsi que la bénéficiaire de l'opération, à savoir la compagne de M. Ferrand », a précisé le président de l'association Jean-Christophe Picard.

Ministre de la Cohésion des territoires, M. Ferrand a démenti toute irrégularité dans le dossier et a écarté la possibilité de démissionner. Le dossier a toutefois fragilisé le ministre, un ancien socialiste qui a rejoint le président Macron, en plein chantier sur l’éthique dans la vie politique en France.

M. Macron a pris la défense de son ministre en appelant le Conseil des ministres « à la solidarité ».

Le procureur Mathais avait, dans un premier temps, refusé d’ouvrir une enquête dans ce dossier à la suite de révélations faites par Le canard enchaîné. Il avait estimé, à ce moment, que les faits rapportés n'étaient pas, à ses yeux, « susceptibles de relever d’une ou plusieurs qualifications pénales ». Mais il s’est ravisé jeudi faisant état d'« éléments complémentaires susceptibles de mettre en cause M. Ferrand ».

Malgré le soutien de M. Macron, les appels à la démission se multiplient au sein de la classe politique à l'encontre du ministre Ferrand, dont l’affaire commence à nuire à la campagne de La République en Marche en prévision des élections législatives des 11 et 18 juin prochains.

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