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La légalisation du cannabis fait craindre une augmentation de la violence en prison

Les gardiens de prison ne voient pas d'un bon oeil la légalisation du cannabis. Selon leur syndicat, elle va stimuler la contrebande que les agents correctionnels, déjà débordés, peinent à freiner derrière les barreaux.

Un texte de Pascal Robidas

Les agents appréhendent une augmentation de la violence entre les murs des 18 centres correctionnels du Québec et craignent pour leur sécurité.

Chaque jour, des drones livrent illégalement des paquets dans les prisons. En fait, tous les moyens sont bons pour y acheminer de la drogue, du tabac, des médicaments et des téléphones cellulaires, dont les prix de revente sont très élevés.

L'opinion d'un ex-détenu

Daniel Benson a passé 17 ans derrière les barreaux pour le meurtre de son ex-beau-père, qui battait sa mère. Maintenant réhabilité, il a bien connu les affrontements qui sont dénoncés par les agents correctionnels.

Il est difficile pour lui d'évaluer si le cannabis sera plus abondant en prison, mais il est convaincu que les gardiens doivent avoir plus de ressources pour diminuer les conflits entre les détenus.

S'attaquer à la racine du problème

La source du problème pourrait être la ligne dure imposée aux détenus. Le professeur en criminologie et en droits de l'homme Jean-Claude Bernheim rappelle que 80 % de la population carcérale au Québec purge des peines de moins de trois mois.

Le sénateur conservateur Pierre-Hugues Boisvenu fait partie du comité juridique sur la légalisation du cannabis. Il croit qu'il faudrait accorder certains privilèges aux détenus, comme la permission de fumer du tabac et du cannabis.

La légalisation du cannabis en prison pourrait donc être envisagée, mais dans un cadre très restrictif.

D'ici à ce que toutes ces questions soient réglées, les agents en service correctionnel réclament plus de ressources en prévision de la légalisation du cannabis, prévue le 1er juillet 2018.

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